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Domaine français La Petite Chiquette

février 2020 | Le Matricule des Anges n°210 | par Éric Dussert

Point trop appréciée des marchands qui préfèrent la nouveauté toute neuve et son auteur sémillant, la réédition de textes anciens nous offre des plaisirs de lecture qui se doublent souvent de bonheurs de l’esprit. Et on comprend pourquoi : Julien Gracq ne disait-il pas qu’il ne lisait jamais un livre qui n’avait pas dix ans d’âge ? Deux textes récemment extirpés du tombeau en apportent une patente démonstration, et l’on pourrait en citer vingt autres : Philémon, vieux de la vieille de Lucien Descaves et La Petite Chiquette de Louis Codet.
Le premier est un « roman de la Commune, de l’exil et du retour » que Maxime Jordan remet en évidence à juste titre car il est à ranger parmi les classiques. Ce livre-enquête important de Descaves (1861-1949), journaliste, romancier, relate ce que fut la vie des communards bannis de France par la Réaction qui survécurent, souvent mal que bien, en Suisse, à Londres ou en Belgique, témoins d’un moment puissant de l’histoire mais relégués comme des débris. Descaves avaient de la pitié pour ces hommes et leurs femmes. Il avait également du respect pour certains d’entre eux, droits comme des i et dignes, même dans la défaite.
D’une autre tonalité, le second, présenté par Alain Chassagneux, est un délicieux récit de la vie de bohème comme savait les mener Louis Codet (1876-1914), prosateur élégant et doux mort des suites de ses blessures de guerre. Il a l’élégance de Francis de Miomandre, de Pierre Girard, c’est un compagnon fort agréable, qui se délecte à nous montrer ce qu’était le bal des Quat’z’Arts, ce fertile défilé de joies. « Sur le joli parquet glissant, à l’entour du palmier central, qui portait sous ses feuilles des lampes multicolores, tournaient, tournaient avec des femmes les cavaliers de toutes provenances : calicots, rapins, étudiants, de petits commis en redingote et des cyclistes en maillot blanc, mêlés de quelques képis de sous-offs, et de quelques jeunes marlous, qui se balançaient la joue rose, le cheveu frisé, le melon sur l’oreille. » Ne dirait-on pas fichtrement une rentrée littéraire ?

Éric Dussert

Philémon, vieux de la vieille, de Lucien Descaves,
La Découverte, 344 p., 22

La Petite Chiquette, de Louis Codet
Sous le Sceau du Tabellion, 245 p., 17,50

Le Matricule des Anges n°210 , février 2020.
LMDA papier n°210 - 6.50 €
LMDA PDF n°210 - 4.00 €