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Domaine français L' Oeil d’artémisia

juillet 2020 | Le Matricule des Anges n°215 | par Dominique Aussenac

Peintes, mais plus rarement peintres, comment au cours des siècles les femmes ont-elles pu être ainsi évincées du monde des arts ? Artemisia Lomi Gentileschi (1593-1652) en est l’exemple ou le contre-exemple parfait. Tant son parcours fut emblématique des terribles difficultés d’émancipation dans un monde régi par les hommes. Si elle connut la gloire en tant que peintre de cour des Médicis et d’Angleterre, une certaine liberté aussi, elle vécut longtemps dans l’ombre de son père Orazio, peintre lui aussi, dont elle retouchait, peaufinait les tableaux.
C’est justement à partir de l’un de ce dernier, Le repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Egypte, qu’Emmanuelle Favier évoque la femme artiste. En se concentrant sur l’œil de Jésus allaitant, elle y projette en miroir sa vie, notamment le viol par un autre peintre dont elle fut victime et pour lequel elle dut se justifier devant un tribunal et subir la torture. La tête de son violeur, elle la représentera décapitée avec sa Judith tenant dans sa main celle du général Holopherne. Sa particularité justement : ses portraits d’héroïnes bibliques. « Elle les a peintes luttant, refusant d’être violées, enfermées, emmurées, quand les autres artistes – Orazio en tête – brossaient des donzelles ravies de se faire taquiner par les pièces d’or de Zeus ou la prunelle libidineuse des vieillards. »
L’écriture d’Emmanuelle Favier semble faire corps avec la peinture d’Artemisia, tant elle se révèle précieuse, tendue, fervente, habitée, ponctuée de cris et de silences vengeurs. « Elle creuse dans le noir de son père. Écrase de la paume les contours approximatifs, les remodèle avec une précision charnelle. Son doigt suit le pli du tissu, pour un peu elle lécherait l’excès du pigment dans sa folie de corriger… » La Maison de négoce littéraire Malo Quirvane (sic) est spécialisée dans la production de textes courts « à lire comme des romans intenses mais rapides ».

Dominique Aussenac

L’Œil d’artemisia, d’Emmanuelle Favier
Malo Quirvane, 50 pages, 9,50

Le Matricule des Anges n°215 , juillet 2020.
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