La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Histoire littéraire Paris sans fête

juillet 2020 | Le Matricule des Anges n°215 | par Thierry Cecille

Paris est une guerre - 1940-1945

Après la redécouverte de Martha Gellhorn (La Guerre de face, Mes saisons en enfer), les Éditions du sous-sol nous offrent l’opportunité de lire des portraits et reportages d’une autre journaliste américaine, Janet Flanner. Née en 1892, elle s’installe à Paris au début des années 20, comme un certain nombre de ses compatriotes plus célèbres (rappelons que Martha Gellhorn fut l’épouse d’Hemingway). Très rapidement, le New Yorker publie d’elles des chroniques régulières, ses « Lettres de Paris ». Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle rentre aux États-Unis mais ses réseaux amicaux ainsi que les Américains qui, les uns après les autres, quittent la France et témoignent lui permettent de poursuivre sa tâche. Les textes rassemblés ici allient une perspicacité alertée à une subjectivité maîtrisée : un humour discret cède parfois la place à des jugements plus caustiques et la tristesse envers un pays et un peuple qu’elle a aimés se laisse deviner dans de nombreuses pages.
C’est que dès le début de l’Occupation Paris est devenu « la capitale des limbes ». La presse est muselée, les Français apprennent à subir les restrictions – alimentaires et existentielles – qui leur sont rapidement imposées. Ils comprennent vite que les Allemands, sous des dehors de politesse « aryenne  », sont bien les « doryphores  » venus se rassasier de tout ce que la France est obligée de leur offrir. Hitler a gagné et pourrait s’exclamer : « Veni, Vidi, Vichy » ! Janet Flanner décrit aussi bien les conséquences économiques de la Collaboration (« le franc ne vaut plus un clou  ») que les progrès lents mais indéniables de la Résistance. Pétain fait preuve d’un « paternalisme autoritaire naturel » mais « le peuple a très certainement le sentiment d’avoir été vendu ». Au cœur du livre, trois articles successifs de 1943 composent une sorte de mini-roman : « L’évasion de Mrs Jeffries » raconte comment, en une succession d’épisodes mêlant le grotesque et le pathétique, une Américaine parvient à s’échapper de cette France devenue pour certains (les Juifs avant tout) un piège mortel.

Thierry Cecille

Paris est une guerre 1940-1945,
de Janet Flanner,
traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Cohen,
Éditions du sous-sol, 262 pages, 20

Paris sans fête Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°215 , juillet 2020.
LMDA papier n°215
6.50 €
LMDA PDF n°215
4.00 €