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Domaine étranger Que ma mort soit une fête

mai 2021 | Le Matricule des Anges n°223 | par Franck Mannoni

Que ma mort soit une fête

En 1999, Victor Vital, 17 ans, est abattu par la police argentine alors qu’il se rendait sans arme. Ce Robin des Bois moderne était célèbre pour avoir braqué un camion transportant du lait. Il en avait distribué une partie aux habitants des « villas », les quartiers pauvres de Buenos Aires, « à la manière des militants des organisations révolutionnaires des années 1970 ». Cristian Alarcón, journaliste chilien, a multiplié les entretiens et les rencontres dans les ghettos de la mégapole pour écrire son histoire. « El Frente » y suscite une véritable dévotion locale. Entre l’essai et le récit romancé, Alarcón relate la violence quotidienne, la peur, les fusillades, les règlements de comptes, les ravages de la drogue chez les enfants. Il narre aussi le courage des mères qui tentent de sauver leurs rejetons du naufrage annoncé. Certaines sont «  cartoneras  », ramassent les cartons dans la rue pour les revendre. Sabina, la mère de Victor, se raconte. Elle cherche un compagnon qui serait juste normal, qui ne boit pas et ne se montre jamais violent. Peine perdue. L’adolescence de Vital ressemble à celle de beaucoup d’autres à partir du moment où il dérive vers la délinquance. Les soirées frénétiques au Tropitango s’enchaînent. Son meilleur ami et lui y cherchent l’oubli de la misère grâce à un programme immuable : « teuf, gonzesses, biture et fringues ». Dans les vapeurs de colle Poxi et de cachets dilués dans l’alcool, une jeunesse perdue lui voue un culte religieux et païen à la fois : « Quand je pars faire un coup, j’embrasse la photo que j’ai de lui dans un cadre aux couleurs du club de foot de Tigre ». Sans voyeurisme, sans apitoiement et sans jugement moral, Cristian Alarcón montre une réalité crue avec beaucoup d’humanité. Parfois accompagné dans les « villas » par le photographe Alfredo Srur, l’auteur rend également hommage au courage de cet artiste engagé. Ses photos édifiantes en noir et blanc, visibles notamment sur www.galeriejuliansander.de, complètent la lecture de ce récit et donnent un visage aux laissés-pour-compte.

Franck Mannoni

Que ma mort soit une fête
Cristian Alarcón
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Michèle Guillemont
Marchialy, 300 pages, 21

Le Matricule des Anges n°223 , mai 2021.
LMDA papier n°223
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