La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Bamboo song, de Louis-Ferdinand Despreez

juin 2021 | Le Matricule des Anges n°224 | par Thierry Cecille

C’est à un voyage haut en couleur, dans le temps et l’espace, que nous convie ici Louis-Ferdinand Despreez. Nous y suivons le ras Aman Makonnen, ambassadeur du roi des rois, le négus Haïlé Sélassié, dépêché auprès du roi du Laos, en 1935. C’est que Mussolini s’apprêtant à envahir l’Éthiopie, tous les soutiens seraient les bienvenus, même les plus modestes. Makonnen s’embarque à Aden, débarque à Saïgon puis traverse ce qui était alors l’Indochine française pour rejoindre la capitale du Laos, Vientiane. Il y est reçu avec amabilité par le roi, qui va jusqu’à lui offrir des éléphants et lui ouvre les archives de son palais. Makonnen y enquête alors avec passion sur un Français qui, venu d’Éthiopie lui aussi, l’a précédé en ces lieux, un certain Jean Baudry, pseudonyme de… Rimbaud !
Peut-être le roman aurait-il gagné à être raccourci d’une centaine de pages : la faconde devient parfois un peu bavarde, les adjectifs un peu trop nombreux, les exposés sur la situation internationale un peu trop didactiques. Mais les descriptions des paysages et villes traversés nous transportent en ces terres lointaines : arbres et fleurs, fleuves et ports, costumes et coutumes, odeurs et sons sont rendus avec une grande précision. Nous y découvrons ainsi, par exemple, le « Bamboo song », « apaisante musique des bouquets de bambous géants ». Les portraits des petits Blancs, fonctionnaires coloniaux ou commerçants, sont souvent fort efficaces et certains dialogues savoureux. La satire l’emporte lorsqu’il s’agit de dépeindre ceux d’entre eux, nombreux, qui noient dans l’alcool et le racisme leur quotidien effrayant d’ennui. Mais d’autres sont moins caricaturaux et deviendront les amis de Makonnen, le soutenant lorsque sa mission perdra tout son sens. Mussolini, en effet, grâce à ses bombardements au gaz moutarde et à la lâche indifférence de la SDN, conquiert l’Éthiopie et le négus doit s’enfuir. Makonnen, « plénipotentiaire du vent », peut désormais comme l’écrivait Rimbaud, « adorer la liberté libre ».

Thierry Cecille

Bamboo song
Louis-Ferdinand Despreez
Éditions du Canoë, 384 pages, 21

Bamboo song, de Louis-Ferdinand Despreez Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°224 , juin 2021.
LMDA papier n°224
6,00 €
LMDA PDF n°224
4,00 €