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Événement & Grand Fonds L’ennemi solitaire

juin 2021 | Le Matricule des Anges n°224 | par Thierry Cecille

Entre 1942 et 1948, jean Genet, régulièrement emprisonné, s’invente, dans ses romans et poèmes, un univers : mythologique, fantasmatique et pornographique.

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou/ Que ma main plus légère et grave qu’une veuve/ Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,/ Laisse tes dents poser leur sourire de loup. » Ces vers, chantés par Hélène Martin, Marc Ogeret ou, plus récemment, Étienne Daho ou Les Têtes raides furent, pour certains, la porte d’entrée dans l’univers, si autre, de Jean Genet. Un condamné à mort, dans sa cellule, attend son exécution et s’adresse à ceux qu’il aima ou rêva d’aimer. Fantômes et fantasmes accourent, et les murs de la prison s’ouvrent alors sur d’autres horizons, enchantés, avant que le bourreau ne vienne interrompre la rêverie – et le chant. Les strophes ainsi choisies, si elles nous donnaient un avant-goût de l’afflux de métaphores propres à cette écriture et à la syntaxe parfois un peu maladroite mais parfois aussi racinienne, étaient cependant les moins érotiques, les moins scandaleuses. Il nous fallut plonger dans le poème tout entier pour découvrir, par exemple, ceci : « Suce mon membre dur comme on suce un glaçon./ Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,/ Baise ma queue enflée, enfonce dans ton cou,/ Le paquet de ma bite avalé d’un seul coup./ Étrangle-toi d’amour, dégorge, et fais ta moue ». Genet, cependant, ne connut pas la mésaventure d’un Baudelaire, aucun procureur Pinard ne le conduisit devant le tribunal pour « outrage à la morale publique et religieuse ». Bien au contraire : Cocteau puis Sartre transformèrent le médiocre voyou, tout juste bon à dérober des livres chez les bouquinistes, en un poète maudit et reconnu, adulé parfois et quelque peu… apprivoisé.
C’est cette métamorphose, voire apothéose, que ce volume de la Pléiade nous permet de suivre pas à pas. Il rassemble en effet les romans et poèmes écrits entre 1942 et 1948, en majeure partie en prison, si l’on en croit Genet. À l’issue de cette période faste – oserait-on dire fastueuse –, Genet n’écrira plus de romans mais se consacrera au théâtre – là encore succès et scandales se succéderont – et à des essais consacrés à l’art – sur Giacometti, Rembrandt… En 1986, à sa mort (il est né en 1910), paraîtra Un captif amoureux, longue et complexe méditation autobiographique à laquelle il travailla durant ses dernières années et où il entremêle, en particulier, les souvenirs de ses relations avec les militants des Black Panthers et les fedayin palestiniens. Aujourd’hui cette édition, outre l’unité qu’elle constitue ainsi, nous offre la possibilité de lire les textes originels de ces romans. Genet lui-même, en effet, s’était, modérément, auto-censuré quand Gallimard, en 1953, lui avait donné la possibilité de les rassembler dans le second volume de ses Œuvres complètes – le premier, rappelons-le, étant l’énorme, passionnant et (pour Genet lui-même) encombrant Saint Genet, comédien et martyr de Sartre. Si le texte originel de Pompes funèbres et de Querelle de Brest était disponible dans la collection « L’Imaginaire », nous pouvons lire ici les versions...

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