La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie L' Oiseux suivi de Excrément précieux

novembre 2021 | Le Matricule des Anges n°228 | par Guillaume Contré

L' Oiseux suivi de Excrément précieux

Ce premier recueil de Victor Rassov s’organise en deux séries, composées chacune de courtes miniatures occupant le centre de la page, selon une apparente régularité formelle – six vers pour les poèmes de la première série, neuf pour la seconde – qui cache mal les abîmes baroques qu’un tel écrin propose au lecteur. Mais si la langue a ici le goût du mot rare, du glissement, de l’incise et de l’excision, elle n’en aime pas moins les contrastes : « Enfin conçu/ un départ de puanteur sur la terre arable/ des premiers matins/ manie du pire/ de l’aigu de l’exquis/ on s’habitue/ au voisinage des talismans/ n’était ce seul obstacle/ et la merde à pleines mains ». Ainsi, la seconde série de poèmes, la bien nommée « Excrément précieux », serait un « exercice de putréfaction », puisque est « gemme aussi bien/ tout ce dont la matière/ s’exècre », de même que « tout ce qui reflue vers le cœur/ et offre vue/ sur la naissance/ par le hublot/ des brûlures ». Et « en redemanderait-on/ qu’on se verrait servi », car « chaque lampée/ possédera son buveur ». C’est une une « divine enflure » qui « renvoie l’être/ à sa fœtalité » ; un être « moins pondu/ qu’apparu/ décavé/ perle au fond/ du rachis nu comme/ un buisson ». La première série, la plus longue, prend pour sujet « L’oiseux », dont elle dresse un portrait facetté, comme pour mieux « lui couper l’air sous l’aile ». Celui-ci, en bonne créature baroque, « circule avec/ le sens tari sous sa membrure », il avance « au pas d’accident du désordre » et « obscurcit seulement ce quoi »  ; ce, autrement dit qui multiplie le sens ou le sature. D’ailleurs, « on ne le verra plus s’inverser/ qu’en de rogues anaphores ». Notre oiseux, « lové dans un/ cri/ annonce tout en se gardant/ bien de survenir/ une prochaine jacassante ». « Certains », pourtant, « l’auraient connu/ grand comme ça », mais s’il chante, gare : « ignoble petit tronçon/ d’harmoniques/ relaps à cet égard seulement/ enculé dès matin/ lors la lumière/ est grise ». Une poésie elliptique, étrange, qui creuse l’hermétisme de la matière animale qu’elle explore.

Guillaume Contré

L’Oiseux suivi de Excrément précieux
Victor Rassov
Le Cadran ligné, 96 pages, 15 e

Le Matricule des Anges n°228 , novembre 2021.
LMDA papier n°228
6,50 
LMDA PDF n°228
4,00