Depuis qu’il a vu le jour, c’est-à-dire au début du Moyen Âge, et en Extrême-Orient jusqu’à preuve du contraire, la forme textuelle nommée « roman » n’aura jamais cessé de se réformer. Un « Panorama des romans d’avant-garde de la Belle-Époque (1886-1906) » publié par la revue des amis d’Alfred Jarry, fameux réanimateur de formes lui-même, est là pour nous le rappeler. Huysmans, Schwob et son roman d’aventures, Adrien Remacle et son absente, Jarry et son Amour absolu, Jean de Tinan, Gustave Kahn et son Conte de l’or et du silence (1898) incarnent ce que le virus symboliste fit au roman. Soit un dossier rassemblant les romans typiques des recherches esthétiques cherchant à mêler prose et poésie (Henri de Régnier et sa Double maîtresse) puisque c’est tout l’enjeu jusqu’à Une nuit au Luxembourg (1906) de Remy de Gourmont. On aurait convoqué André Gide et ses paludes (1895), Henry Céard et ses terrains à vendre (1906) pour annoncer Dada qui, à coup de Bibi-la-Bibiste (Raymonde Linossier) et de Voyages en kaléidoscope (Irène Hillel-Erlanger), poussera dix ans plus tard avec Georges Ribemont-Dessaignes la fin-de-siècle dans le placard. Depuis cet énervement radical et les tentatives souvent audacieuses des années 1950-1960, on constate que le genre romanesque, épuisé par sa répétition et laminé par ses concurrents audiovisuels, connaît probablement aujourd’hui sa plus grande période d’infertilité. L’Ego m’a tuer souffle le roman. Et la rentrée littéraire de faire semblant de rien.
Éric Dussert
L’Étoile-Absinthe (juillet 2026)
Société des amis d’Alfred Jarry / Éditions du Lérot, 80 p., 10 €
Revue L' Etoile-Absinthe
septembre 2026 | Le Matricule des Anges n°276
| par
Éric Dussert
Un livre
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Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°276
, septembre 2026.
