La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225 34004 Montpellier cedex 1
Tel : ‭06 95 10 79 63
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Le mot de passe doit contenir au moins 6 caractères.

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Sylvain Prudhomme
Exhausteur de vie

septembre 2026 | Le Matricule des Anges n°276 | par Thierry Guichard

Qu’il évoque la guerre d’Algérie, loue la nature sauvage ou explore une géographie multiple, c’est toujours avec une grande attention portée au monde que Sylvain Prudhomme écrit. En quête d’intensité.

Tel son personnage d’autostoppeur dans Par les routes, c’est depuis différents lieux de France que l’écrivain a répondu aux questions qu’on lui adressait par mails. Comme s’il fallait pour arpenter son œuvre, traverser divers paysages, s’ancrer dans plusieurs territoires, changer les points de vue.

Sylvain Prudhomme, chacun de vos romans semble le fruit d’un projet très précisément défini. Qu’en est-il de De l’autre côté du lac ? Comment est né ce projet ?
Tout est parti de la rencontre avec un lieu très protégé du Parc des Écrins. Une réserve créée il y a plusieurs décennies au cœur du parc, avec un statut unique en son genre : pas seulement protégé, mais fermé tout court, interdit d’accès, soustrait depuis des décennies aux activités humaines. Un vrai pan de montagne rendu à la nature sauvage. Cette « réserve intégrale » se trouve de l’autre côté d’un lac bordé de falaises qui en verrouillent l’accès. Elle occupe tout un fond de vallée reculée, qu’on peut parfaitement contempler de la rive d’en face, mais pas atteindre. Grâce à la direction scientifique du parc, j’ai pu effectuer au cours de ces dernières années plusieurs séjours au bord de ce lac, en face de la réserve. J’y suis allé l’été, l’automne, et même l’hiver, à des moments où le lac était gelé, où toute la vallée était ensevelie sous la neige. Je suis resté des semaines à scruter cet espace interdit, à le fantasmer, à me raconter ce qui pouvait s’y passer. En parlant avec des agents du parc, j’ai appris qu’un corps d’alpiniste avait un jour été retrouvé dans la réserve, au pied des falaises. Ça a été le point de départ. Comme un noyau sombre, l’indice possible d’un mystère caché dans les replis de la montagne interdite. Je n’ai pas voulu en savoir plus. Je me suis mis à échafauder. J’ai délibérément éloigné la réserve pour la rendre plus sauvage encore, en faire un pur espace de fiction, ouvert aussi à de l’onirique, presque du fantastique. Je me suis mis à rêver un livre qui soit fait lui aussi de tension, de vertige, de mystère.

On trouve déjà cette idée d’espace naturel d’où l’humain est exclu dans Par les routes, avec cet épisode où l’autostoppeur découvre que l’autoroute, par la construction d’un remblai, a isolé un pan de nature où des étangs hébergent une faune préservée : « Les bords d’autoroute, première réserve naturelle » écrivez-vous. Le roman peut-il être à sa façon aussi une réserve naturelle et faire voir ce qui vit en dehors de nous ?
J’aime en tout cas l’idée d’aller voir par-delà la rambarde ou le remblai, de quitter l’autoroute. J’aime les trouvailles paradoxales qu’on fait en prenant les chemins de traverse : découvrir qu’à deux pas des usines de Fos-sur-Mer et du littoral massacré par l’industrialisation se trouvent des zones de marécages très préservées, qui abritent des espèces rares. Cela ne veut pas dire aller chercher systématiquement des espaces extraordinaires ou préservés, au contraire. Je crois profondément à la...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Le mot de passe doit contenir au moins 6 caractères.

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°276
7,30 € / 8,30 € (hors France)
LMDA PDF n°276
4,50 €