auteur Arno Bertina
A propos
Bondir hors du rang
Dans son cinquième roman (et seizième livre), Des châteaux qui brûlent, Arno Bertina allume la mèche d’une insurrection et libère des paroles singulières au cœur d’un collectif à inventer. Revigorant.
Pascal Montville est secrétaire d’État d’un gouvernement mis en place par un Président autoproclamé « ennemi de la finance » qu’il sert pourtant. Mais Pascal Montville est réellement de gauche (on est ici dans une fiction) et porte en lui des projets de transformation de la société pour plus de justice, plus d’écologie, plus d’humanité. Il revient à l’abattoir de poulets de Châteaulin, en Bretagne, dont les ouvriers attendent de savoir quel sort leur réserve le tribunal de commerce. Et l’inattendu arrive. Les ouvrières et ouvriers présents décident de séquestrer le ministre....
Bertina motrix
Il écrit pour donner plus d’intensité à la vie dans un appétit de formes romanesques innovantes. Défenseur d’une littérature jubilante, à l’orée du baroque, Arno Bertina trouve dans la matière de la langue l’énergie d’un mouvement perpétuel.
C’est au cœur du sixième arrondissement parisien, non loin des locaux de son éditeur que vit Arno Bertina. On vient chez lui muni d’une corde et de piolets pour faire l’ascension des cinq étages et atteindre un nid d’aigle grand comme un mouchoir de poche. Un bureau, une chambrette et un balcon qui donne sur de vieilles lunes ne parviennent pas à tirer l’espace jusqu’aux 20 m2. À croire que...
Écriture (é)mouvante
Fascinant dans sa construction, « Anima Motrix » ouvre constamment de nouvelles formes de narrations. La mécanique du mouvement qui le gouverne permet d’explorer notre monde en profondeur.
Il y a de très belles scènes dans le nouveau roman d’Arno Bertina. Des moments de grâce, burlesques parfois, tenus par des phrases dont on se demande s’il est possible qu’elles aient été écrites ailleurs. Qu’on se prend parfois à regarder simplement, à ne même plus lire, juste essayer de voir quel genre d’aquarium elles sont, où si elles ne sont pas plutôt des sculptures. Beaucoup de ces...
Ouvrages chroniqués
Des obus, des fesses et des prothèses
de
Arno Bertina
2025
Polyphonie qui réunit en un palace une humanité dépareillée, le nouveau roman d’Arno Bertina réalise une prouesse : rendre l’intime universel. Et nous touche au cœur.
C’est une allégorie que cet endroit. Le creuset idéal pour y jeter ce qui fait le monde : le désir des hommes et leur bêtise, la folie des femmes et leur ivresse, les dominants et les asservis, les corps meurtris et la beauté glacée des magazines, et par-dessus tout ça, un plafond de verre où tous, hommes et femmes, l’enfant en eux, se cognent. Pourtant ce lieu existe, Arno Bertina en a entendu parler. On imagine le déclic : un tel endroit appelle la fiction comme le bain du révélateur appelait la photo argentique. On pose une voix et le monde apparaît. Nous sommes devant un hôtel de...
Ceux qui trop supportent
de
Arno Bertina
2021
Depuis quatre ans Arno Bertina suit la lutte des ouvriers et cadres de l’usine GM&S de La Souterraine (Creuse). Et recueille leurs paroles, leurs sourires et leurs larmes pour dire la violence tue d’un libéralisme de margoulins.
Il y a des postures qu’on ne peut tenir longtemps. Arno Bertina avait coutume de dire que son engagement politique appartenait à sa vie de citoyen, pas à son rôle d’écrivain. Mais la pression du « plafond de verre » aura été trop forte : après la publication de Des châteaux qui brûlent, le citoyen Bertina rencontre les salariés de GM&S dont la lutte va les conduire sur les marches du festival de Cannes lorsque Lech Kowalski y présente On va tout péter son documentaire sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs. Et va commencer alors une forme de compagnonnage entre l’écrivain et les...
Boulevard de Yougoslavie
de
Arno Bertina
,
Mathieu Larnaudie
,
Oliver Rohe
2021
Le nouvel opus des éditions Inculte nous entraîne au cœur d’un projet de rénovation urbaine devenu plus collectif que prévu. Récit allegro et à trois mains des aléas d’une aventure rennaise.
Ce sont d’autres cervelles que les nôtres qui ont pensé les lieux que nous habitons. » : c’est à Nicole Pierre, l’une des « tricoteuses » du quartier et l’une des voix de Boulevard de Yougoslavie qu’il revient d’énoncer cette vérité que nous avons, hélas, maintes occasions d’éprouver. C’est une des raisons pour lesquelles, lorsque le maire leur présente son projet de rénovation clés en main, les habitants du Blosne se rebiffent. Le Blosne ? Des immeubles en « îlot » (comme les élèves tels que les rêvent les inspecteurs et les formateurs de l’Éducation nationale), un centre commercial...
L' Age de la première passe
de
Arno Bertina
2020
L’écrivain Arno Bertina sort de la fiction pour faire entrer dans nos têtes le monde de jeunes femmes rencontrées au Congo. Elles vendent leur corps pour survivre ; avec elles il a animé des ateliers d’écriture.
Les premiers jours, je suis dans la cour du Foyer des filles vaillantes comme Marlène Schiappa dans un gouvernement : je ne sers à rien. Une fois passé les présentations officielles, comment amorcer un vrai dialogue, construire la confiance ? Elles constituent un groupe et je suis seul – on a vite l’air idiot » Ces quelques phrases (qui ne sont pas les premières) amorcent le chemin du livre et son ton : plongé dans un univers étranger, un mundélé français doit se frayer non pas tant sa place qu’une voie, voie d’accès aux autres qui ne vous attendaient pas. Devenir alors à la fois tout...
Le Dehors ou la migration des truites
de
Arno Bertina
2001
À 26 ans, Arno Bertina publie un premier roman d’une rare rigueur éthique qui appelle à la colère, l’effarement et l’émotion. De la guerre d’Algérie à Mai 68, l’errance comme une quête du monde d’aujourd’hui.
Rarement ces dernières années, un premier roman aura été constitué d’une matière aussi dense que Le Dehors. Par matière, il faudrait entendre ce qui constitue une écriture : pensée, rythme, construction. Mais il faudrait ajouter aussi son objet : la guerre d’Algérie, l’exil intérieur, la solitude absolue, la violence de l’État, la négation de l’autre. Et donc la nécessité avec laquelle s’est écrit (et celle où se lit) ce roman : la colère, la rage, le désir d’appréhender le monde contemporain. La matière de ce livre n’est pas inerte : elle nous bouge, elle nous fait pénétrer des...








