auteur Mircea Cartarescu
A propos
Au cœur de l'homme-livre
Mû par un humanisme renouvelé dont les racines s’enfoncent dans une Roumanie malmenée, Mircea Cărtărescu construit une œuvre extraordinaire où la postmodernité fait corps avec la vie.
Inévitable, la rencontre de l’œuvre de Mircea Cărtărescu et des lecteurs francophones a souffert d’un contretemps, ou d’un malentendu. Cela arrive parfois, malgré la meilleure volonté du monde. On a en effet découvert l’œuvre de l’écrivain roumain dans un ordre inconfortable qui ne favorisait guère une immersion idéale. Dès 1992, alors qu’en Roumanie paraissait son sixième livre, Visul Chimeric (Le Rêve chimérique), c’est cet autre Rêve de 1989 qui paraissait chez Climats dans une traduction d’Hélène Lenz. Une prose sous-titrée « Romans » quand l’essentiel des premiers pas de Cărtărescu...
De la réalisation d’un rêve
L’œuvre de Mircea Cărtărescu est une incroyable machinerie littéraire où prévalent l’appel aux sens, l’imagination et l’érudition, les marques de fabrique de l’écrivain roumain. Retour sur quarante ans de création.
Théodoros marque assurément un tournant dans votre œuvre. Qu’est-ce qui vous a attiré dans le parcours de ce somptueux empereur, ce Téwodros II d’Éthiopie ?
Il y a dix ans, mon roman Le Levant (qui était à l’origine un poème épique de 7 000 alexandrins) est paru en France aux éditions P.O.L et, s’il n’était pas passé inaperçu, il aurait été très facile de constater aujourd’hui que Théodoros...
Le livre de tous les possibles
Débondé comme un torrent, Théodoros relate le(s) histoire(s) d’un enfant qui veut devenir empereur. Une fresque riche en paysages, portraits, symboles et visions, un roman étourdissant.
Fruit d’une gestation de quarante années, Théodoros s’impose cet automne comme un livre hors norme dans le paysage de la rentrée littéraire. Pour le décrire, son auteur évoque un « pseudo-roman historique » doublé d’un « immense fantasme dans le vortex d’univers parallèles ». Ce qui n’éclaire que peu la nature réelle de cette fusée éclatante de mille couleurs. Un fantasme d’écrivain,...
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Ouvrages chroniqués
Solénoïde
de
Mircea Cartarescu
2019
Dans une Bucarest en ruine, le Roumain Mircea Cărtărescu (né en 1956) plante un roman labyrinthique, aux accents de fin du monde.
On avait déjà éprouvé ce genre de vertige avec le 2666 de Bolaño, le Tunnel de Gass, le JR de Gaddis, ou encore Le Grand Roman de Ladislav Klíma. Cette impression de ne jamais très bien savoir où l’on est, où l’on va, et de pouvoir perdre pied pour peu que la lecture se fasse un peu moins attentive. Cette certitude, éprouvée page après page, de ne jamais être, en tant que lecteur, dans sa zone de confort. Et de se sentir sans cesse malmené par un texte tentaculaire, à l’intérieur duquel on craint d’être englouti. Avant d’en ressortir les bras ballants. Un peu sonné. Mais aussi épaté.
On...
Melancolia
de
Mircea Cartarescu
2021
D’Orbitor à Solénoïde, les univers mis en place par Mircea Cartarescu relèvent le plus souvent d’une fantasmagorie fortement teintée de rêve éveillé, où le réel, lâché par la physique, n’est qu’une pâte malléable à l’envi, selon les états d’âme de personnages à l’intériorité tourmentée. En trois nouvelles encadrées de deux apologues, Melancolia ne fait pas exception, tout en s’attachant plus particulièrement aux métamorphoses rarement joyeuses de l’enfance. Dans tous les cas, les enfants sont seuls. Sa mère partie faire une course, l’un d’eux se croit abandonné et vit d’une vie ralentie...
L' Œil en feu
de
Mircea Cartarescu
2005
Mircea Cartarescu change la Roumanie de son enfance et de sa famille en contrée infiniment fantastique et poétique ou en opéra fabuleux.
L’œil, organe et métaphore, est récurrent dans l’œuvre de Cartarescu. Il est le miroir de l’espace autant que l’instrument de la vision, jusqu’à devenir l’image d’une écriture qui avale tout sur son passage. En effet, Orbitor, titre de son précédent roman, signifie « aveuglement ». Cet opus, d’abord publié en 1999 chez Denoël, a été réédité en Folio SF, bien qu’il n’ait guère à voir avec la science-fiction : on y conte, à travers le regard d’un enfant nommé Mircea, la guerre terrifiante entre les morts-vivants dont sa famille est issue et les armées de Dieu, tout cela dans un Bucarest...







