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auteur Valérie Rouzeau

A propos

L'odeur du temps Alors qu’elles font paraître un nouveau recueil de Valérie Rouzeau, les éditions de La Table ronde rééditent un splendide récit de Christian Bachelin dont elle est la légataire universelle. Hommage. À la fin de son nouveau livre de poésie, Sens averse (répétitions) que publie ces jours-ci La Table ronde, Valérie Rouzeau évoque les emprunts effectués pour l’occasion à quelques poètes. Dans cette liste, le nom de Christian Bachelin ne surprend pas, tant l’auteur de Neige exterminatrice a compté pour celle qui a écrit Neige rien. D’ailleurs, simultanément, les mêmes éditions de La Table ronde rééditent un magnifique récit en prose du poète et romancier picard, disparu il y a bientôt quatre ans : Soir de la mémoire. Sous couvert d’évoquer les derniers jours de sa mère et le fantôme du...
avril 2018
Le Matricule des Anges n°192

Vivre avec son temps

On appelle « pauvre » quelqu’un « dont le revenu est inférieur au demi-revenu médian » (j’avais d’abord entendu « mendiant ») c’est-à-dire quelqu’un qui gagne moins de six cents euros par mois chez nous aujourd’hui, traduit ensuite le spécialiste Denis Clerc. Mais aussi pour les SDF qui travaillent par exemple il existe le terme barbare de « working poor » et c’est précisément celui...
février 2004
Le Matricule des Anges n°50

Nostalgie en Artois

Jeudi 4 septembre un peu avant sept heures du matin le radio-réveil se met en marche et sur France Inter tiens on nous parle de la retraite brûlant sujet oui la retraite… au Mexique ! Où les pauvres préfèrent travailler jusqu’à 70 ans (c’est-à-dire jusqu’au bout du rouleau pour les gens démunis là-bas) plutôt que de percevoir une retraite dont le montant n’est pas moins de cinq fois inférieur...
novembre 2003
Le Matricule des Anges n°48

Ouvrages chroniqués

Va où
de Valérie Rouzeau
2002
À chaque recueil, la poétesse Valérie Rouzeau invente une langue neuve. Dans Va où les longs vers vont vite pour faire que la vie décolle et s’abouche à la poésie. Bienvenue en poévie. Si on ne peut pas dire d’un écrivain qu’il apparaît comme un des grands du siècle à venir sans passer pour un flagorneur péremptoire, qu’il nous soit permis du moins de penser qu’il en est ainsi de Valérie Rouzeau. Et essayons de voir ce qui provoque ce sentiment. Certes, cette poétesse n’a pas, à ce jour, une oeuvre bien volumineuse. Trois recueils seulement figurent dans sa bibliographie. Et trois livres de traductions de Sylvia Plath et William Carlos Williams. Ce n’est pas beaucoup, mais il faut ajouter aussitôt que la jeune fille n’a que 35 ans et qu’ont disparu de sa bibliographie...
Thierry Guichard
juin 2002
Le Matricule des Anges n°39
Pas revoir
de Valérie Rouzeau
1999
Avec une langue qui bafouille quand elle ne s’attache pas aux balbutiements de l’enfance, Pas revoir dévoile l’émotion d’un deuil indicible. On sait le langage inadéquat à dire le monde. Les mots seulement capables de circonscrire une émotion sans jamais parvenir à en révéler ni la profondeur ni la violence. Face à une expérience indicible, comme ici la mort du père, il ne resterait donc que le silence, une parole mensongère (à dire autre chose que ce à quoi on s’est attaché) ou un maladroit balbutiement. Valérie Rouzeau a choisi cette dernière solution. Encore que choisir pas plus que solution ne sont des termes appropriés. À la lire, ce balbutiement, ces trébuchements de la langue semblent s’être imposés à elle comme parfois...
Thierry Guichard
août 1999
Le Matricule des Anges n°27
Patiences
de Valérie Rouzeau
A pas même trente ans, Valérie Rouzeau débroussaille les pages des mots en trop comme si elle n’avait fait que ça dans sa vie. Sa poésie pèse juste ce qu’il faut d’encre pour ouvrir de longs silences qui parlent plus que de vaines figures lyriques. Ironiques parfois « Peut-on retarder novembre/ dérégler toutes les horloges ?/ elle se pose de ces questions », graves souvent « Pourquoi font-ils cela/ les miroirs/ des visages vieux ? », ses poèmes retrouvent dans d’infimes détails la silhouette d’une grand-mère aujourd’hui disparue. Placé sous le signe de la neige Patiences apparaît comme...
Thierry Guichard
juin 1995
Le Matricule des Anges n°12