La rédaction Camille Cloarec
Articles
Histoires d'une oppression
En neuf nouvelles, les femmes auxquelles Camila Sosa Villada donne vie manient la dérision, l’humour et la vengeance comme personne.
Dès la première page, la nouvelle doit déjà vous avoir brisé le cœur », résume Camila Sosa Villada dans un entretien. C’est bien le cas des neuf nouvelles qui composent Je suis une idiote de t’aimer, lesquelles, chacune à sa manière, nous embarquent dans leur univers singulier sans nous lâcher. Le recueil brasse les thématiques fondamentales du travail de la romancière argentine (Les Vilaines, 2021 ; Histoire d’une domestication, 2024), à commencer par la violence inhérente au quotidien des femmes, et plus particulièrement des femmes trans. Celle-ci constitue le fil conducteur du livre....
La terre vaine
Baigné de mélancolie, hanté par les traumatismes de la guerre, La Mère des palmiers de l’écrivaine iranienne Nasim Marashi dépeint avec beaucoup de délicatesse un pays brisé et résilient.
Le bouleversant premier roman de Nasim Marashi, L’Automne est la dernière saison (l’un des derniers ouvrages à avoir été traduit du persan par le regretté Christophe Balaÿ), décrivait avec sensibilité le quotidien de trois jeunes femmes iraniennes à un tournant de leurs vies, tiraillées entre aspirations et regrets, que l’illusion du choix accablait. Dans La Mère des palmiers, il ne reste...
Sortir de la peine
Récit d’une enfance misérable, Ootlin est un réquisitoire contre les défaillances des services sociaux et un hommage à la beauté de la vie.
L’œuvre de la romancière écossaise Jenni Fagan est bien connue du lectorat français : les éditions Métailié ont déjà publié trois de ses romans, traduits de l’anglais par Céline Schwaller. Ce que l’on connaît moins, c’est la trajectoire hors norme de l’autrice qui a été confiée aux services sociaux dès sa naissance. Ootlin est le récit bouleversant de son enfance et de son adolescence...
Le messager de Gaza
Poignant, le recueil du poète palestinien Mosab Abu Toha bâtit à coup de mots une patrie faite de rêve, de justice et d’espoir.
Moi je tisse mes poèmes avec mes veines », déclare Mosab Abu Toha. Son écriture répond à un besoin organique de dire l’horreur du quotidien à Gaza qu’il expérimente dans sa chair depuis sa naissance il y a trente-deux ans dans le camp de réfugié·es d’Al-Shati. Il lui faut témoigner de la tragédie sans fin dont est victime son peuple, à partir de sa propre expérience de la vie – sanglante,...
La guerre et la paix
Le premier roman de Hovik Afyan nous transporte en Arménie, territoire mis à mal par les conflits armés, irrigué par le courage de ses habitant·es.
Ici, « soit les enfants vont à la guerre pour grandir, soit on va à la guerre pour que les enfants grandissent ». Personne ne peut échapper à son emprise et à ses lourdes conséquences – l’attente, le deuil, la solitude, la folie, la misère… – hormis ceux qui ont choisi l’exil. Le couple d’artistes dont nous suivons le pénible périple dans le Haut-Karabakh s’apprête à en faire l’amère...





