La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
En toute simplicité
Dans Vie de Samuel Belet, le romancier vaudois C.F. Ramuz (1878-1947) nous présente l’itinéraire d’un orphelin attachant.
Samuel Belet a 65 ans lorsqu’il décide de nous raconter ce que fut sa vie, autrement dit une existence modeste au point de pouvoir tenir tout entière dans cette phrase lapidaire : « c’est ainsi que j’ai été petit garçon, puis jeune homme, puis homme ».
Né paysan en 1840, devenu orphelin à l’âge de 15 ans, et détourné de son avenir scolaire par le cours des choses (contre lequel le...
Les Arnaud de Jean Proal
Poursuivant l’entreprise de résurrection de l’œuvre de Jean Proal (1904-1969), après les rééditions de De sel et de cendre et Le Vin d’orage (La Trace, tous deux en 2022), les éditions Le Naturographe nous proposent Les Arnaud, autrement dit ce qui doit être tenu pour le premier roman de Proal, même s’il n’a été publié qu’en 1941 chez Denoël, soit près de dix ans après Tempête de printemps et...
Usine à gaz
Avec son premier roman, la Japonaise Hiroko Oyamada entraîne le lecteur dans un monde mystérieux où le réel perd toute son évidence.
Il y a des majuscules qui en imposent (celle de « L’Histoire avec sa grande hache » de Georges Perec par exemple), et d’autres qui n’annoncent rien de bon. De prime abord, celle de l’Usine paraît un peu grandiloquente, mais elle signale à l’attention du lecteur un complexe industriel qui inspire le respect de tous (si une offre d’emploi se présente, il faut sauter sur l’occasion), immense au...
Vide au carré
Avec L’Été deux fois de Christian Costa (né en 1954), on n’a jamais été aussi près du « roman sur rien » dont rêvait Flaubert.
Dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (1975), Georges Perec dit avoir voulu décrire « ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » Ce que Perec a tenté de faire avec la place Saint-Sulpice à Paris, dans un livre quand même bien aride, Christian Costa, sans déclaration d’intention, l’a réalisé avec la vie quotidienne d’un homme et...





