La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un livre
La Lucidité
de
José Saramago
Panique au gouvernement
Dans La Lucidité, le Portugais José Saramago (prix Nobel 1998) interroge les limites des démocraties occidentales. En montrant leur fragilité.
Quatre ans après une épidémie de cécité (racontée dans L’Aveuglement – publié en 1995, et disponible en Points), la capitale sans nom d’un pays non spécifié (mais on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un pays européen) se retrouve frappée d’une épidémie d’un autre genre : lors d’élections municipales, on enregistre 83 % de votes blancs (sans la moindre abstention). Plutôt que de...
À l’écart de la vie
Dans Les Allongés, la romancière française Jeanne Galzy (1883-1977) nous présente une communauté de malades privés d’horizon.
Lorsque l’incipit de ce roman nous introduit, à la suite de la narratrice, dans « la Maison des Sables », nous pouvons encore imaginer (à condition d’avoir évité les préfaces de Monica Sabolo et d’Alice Zeniter) une grande demeure familiale plantée en bordure de plage, ou une villa balnéaire destinée aux villégiatures estivales, ou encore un établissement dévolu à des colonies de vacances…...
Malaquais, bien nulle part
Fresque sociale et historique, Planète sans visa (1947) évoque la cité phocéenne durant les premières années de l’Occupation.
Il existe au moins deux manières différentes de lire ce livre. La première est la plus simple : elle consiste à se jeter dans ce roman sans intrigue et sans protagoniste, qui juxtapose (comme l’a fait l’Espagnol Camilo-José Cela dans La Ruche avec le Madrid de 1942) des séquences narratives de longueur variable, n’ayant souvent rien à voir les unes avec les autres, et qui concernent à chaque...
Des livres
Trajet Perec
de
Thierry Bodin-Hullin
50 choses qu’il ne faut tout de même pas oublier de faire avant de mourir
de
Jacques Bens
,
Georges Perec
L' Espace commence ainsi
de
François Bon
Permutation
de
Yokna
La preuve par 53 (hommages)
Parution simultanée des quatre premiers volumes de la collection « Perec 53 », consacrée à l’auteur de La Vie mode d’emploi.
C’est dans Trajet Perec que Thierry Bodin-Hullin présente son projet éditorial : créer « une collection qui serait composée de 53 ouvrages de 53 pages, dédiée à l’œuvre et à la vie de Georges Perec pour qui j’éprouve une grande admiration » – 53, en référence à 53 jours (P.O.L, 1989), titre du dernier roman inachevé de l’auteur de La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978). Un ensemble dont il...



