La rédaction Didier Garcia
Articles
Alea jacta est
Avec L’Homme-dé, le romancier américain Luke Rhinehart annonce l’avènement de l’homme aléatoire. Pour le meilleur et pour le pire.
Après une partie de poker bien arrosée, Luke Rhinehart, un psychiatre new-yorkais qui s’ennuie à mourir dans sa vie bien rangée de mari, de père de famille et de psychanalyste, laisse soudain un dé décider pour lui s’il doit violer sa voisine, laquelle s’avère être la femme de son meilleur ami. Même si celle-ci ne se fait pas prier pour s’autoriser une digression sexuelle inattendue, cette première expérience avec les dés va jouer un rôle décisif, aussi bien dans la vie de Luke que dans ce roman. Un rôle en quelque sorte fondateur : désormais, ce sont les dés qui décideront pour lui et...
En toute simplicité
Dans Vie de Samuel Belet, le romancier vaudois C.F. Ramuz (1878-1947) nous présente l’itinéraire d’un orphelin attachant.
Samuel Belet a 65 ans lorsqu’il décide de nous raconter ce que fut sa vie, autrement dit une existence modeste au point de pouvoir tenir tout entière dans cette phrase lapidaire : « c’est ainsi que j’ai été petit garçon, puis jeune homme, puis homme ».
Né paysan en 1840, devenu orphelin à l’âge de 15 ans, et détourné de son avenir scolaire par le cours des choses (contre lequel le...
Les Arnaud de Jean Proal
Poursuivant l’entreprise de résurrection de l’œuvre de Jean Proal (1904-1969), après les rééditions de De sel et de cendre et Le Vin d’orage (La Trace, tous deux en 2022), les éditions Le Naturographe nous proposent Les Arnaud, autrement dit ce qui doit être tenu pour le premier roman de Proal, même s’il n’a été publié qu’en 1941 chez Denoël, soit près de dix ans après Tempête de printemps et...
Usine à gaz
Avec son premier roman, la Japonaise Hiroko Oyamada entraîne le lecteur dans un monde mystérieux où le réel perd toute son évidence.
Il y a des majuscules qui en imposent (celle de « L’Histoire avec sa grande hache » de Georges Perec par exemple), et d’autres qui n’annoncent rien de bon. De prime abord, celle de l’Usine paraît un peu grandiloquente, mais elle signale à l’attention du lecteur un complexe industriel qui inspire le respect de tous (si une offre d’emploi se présente, il faut sauter sur l’occasion), immense au...
Vide au carré
Avec L’Été deux fois de Christian Costa (né en 1954), on n’a jamais été aussi près du « roman sur rien » dont rêvait Flaubert.
Dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien (1975), Georges Perec dit avoir voulu décrire « ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » Ce que Perec a tenté de faire avec la place Saint-Sulpice à Paris, dans un livre quand même bien aride, Christian Costa, sans déclaration d’intention, l’a réalisé avec la vie quotidienne d’un homme et...





