La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Au nom de la vérité
Avec Le Fou du tzar, l’Estonien Jaan Kross nous entraîne dans la Russie du XIXe siècle, où il valait mieux taire ses convictions.
La liberté n’a de sens que si elle implique le droit de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre », pouvons-nous lire dans la préface de La Ferme des animaux (1945 – une préface d’ailleurs écrite par George Orwell lui-même). Pour avoir adopté, avec un bon siècle d’avance, ce principe de liberté totale, Timotheus von Bock (héros malgré lui de ce roman) aura passé neuf ans en prison...
À la rue
Tom Kromer entraîne son lecteur dans sa propre vie et dans les bas-fonds de la société américaine des années 1930. Une lecture oppressante.
Qu’on ne s’y trompe pas : Tom Kromer (1906-1969) n’est ni un hobo (ce vagabond volontaire épris de liberté, opposé à l’American way of life, que l’on retrouve dans les romans de Kerouac), ni un tramp (le travailleur saisonnier contraint au vagabondage pour trouver du travail), et encore moins un homeless (un sans-abri, le terme étant apparu aux États-Unis dans les années 1970), mais un stiff,...
Exercices de survie
Dans Le Musée des redditions sans condition, l’écrivaine croate Dubravka Ugrešic (née en 1949) fouille la mémoire de deux exilées.
Il faut attendre la page 261 pour faire la connaissance de Roland, l’éléphant de mer du jardin zoologique de Berlin. On y apprend qu’il rendit l’âme le 21 août 1961 et qu’une vitrine, exposée près du bassin qu’il occupait, présente les objets qui ont été retrouvés dans ses entrailles (entre autres merveilles improbables : un compas, un cadenas, un pistolet à eau en plastique, une broche...
Itinéraire d’un touche-à-tout
Cette version revue et augmentée de quelques inédits du même volume paru à l’enseigne des éditions Allary en 2018 permet de suivre celui qui est parvenu à apposer sa signature sur au moins 20 millions de volumes (« Collection dirigée par Jean-Claude Zylberstein »). Tour à tour critique musical pour Jazz Magazine, critique de polars pour le Nouvel Obs, directeur de collection chez Laffont...





