La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Pas vu Maurice de Laurence Hugues
Peu de temps après en avoir fait l’acquisition, le nouveau propriétaire d’une maison (et voisin de l’auteure) découvre une boîte verte en métal contenant « une quinzaine de carnets ». Ce sont des agendas du Crédit agricole, dans lesquels une certaine Marie, pendant des années (de 1987 à 2000, avec une pause en 1999), a consigné le quotidien de sa vie, vécue dans un hameau du Forez, d’où...
Électrochocs
Avec L’Antivoyage, Muriel Cerf (1950-2012) nous emmène dans une Asie aux mille visages. Et au plus loin des circuits touristiques.
Au cours du XIXe siècle, le voyage en Orient fut une tentation à laquelle ont succombé de nombreux écrivains : Chateaubriand tout d’abord, rapidement imité par Lamartine, Nerval, Flaubert puis Gautier. Pour chacun d’eux, ce périple avait les allures d’un pèlerinage, dont la raison d’être n’était pas seulement géographique : on se rendait alors en Orient avant tout pour se découvrir.
Presque...
L’odeur de la musique
Dans Corps et âme, l’Américain Franck Conroy (1936-2005) présente l’itinéraire d’un prodige du piano. Un roman à écouter autant qu’à lire.
Alors qu’il n’est encore qu’un enfant de 6 ans, Claude Rawlings est laissé seul toute la journée par une mère chauffeuse de taxi dans le New York de l’immédiat après-guerre (une mère qui était danseuse de music-hall quand elle s’est retrouvée enceinte de lui, sans bien savoir qui pouvait être son père). Pour tromper l’ennui et peupler le silence, le jeune garçon joue sur « un petit piano...
Écrire contre l’oubli
Quarante ans après sa disparition, Georges Perec (1936-1982) nous revient avec Lieux, projet inachevé, qui est la « mesure du temps qui s’écoule ».
Il était attendu. Philippe Lejeune l’avait évoqué dans La Mémoire et l’oblique. Georges Perec autobiographe (P.O.L, 1991), et Perec lui-même en avait publié des extraits ici ou là. Le voici donc enfin…Comme nous l’apprend le texte 41, daté du 2 octobre 1970, et qui est un souvenir de l’île Saint-Louis, la configuration générale de Lieux fut déterminée en janvier 1969 par sa rupture avec...





