La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un roman continent
Avec Dalva, Jim Harrison (1937-2016) offre au lecteur une plongée vivifiante dans le passé et dans l’espace américains.
À Santa Monica, en Californie, sur la côte ouest des États-Unis, il y a des balcons qui s’ouvrent sur l’océan Pacifique et sur une brise tiède qui sent « l’eau de mer, le genévrier, l’eucalyptus, le laurier-rose, le palmier ». Celui sur lequel s’attarde Dalva, l’héroïne du roman, s’ouvre sur les événements qui ont marqué sa vie, de son histoire personnelle (une somme de deuils qu’elle porte...
Le temps des deuils
Dans Tous nos hiers, la romancière italienne Natalia Ginzburg (1916-1991) évoque des jeunesses sacrifiées, sur fond de fascisme et de guerre.
Ils s’appellent Anna, Giustino, Concettina, Ippolito, Giuma, Emmanuele, Amalia, Danilo… À cette liste, on pourrait ajouter les prénoms de celles et ceux qui n’apparaissent pas dans ce roman mais qui, comme eux, ont perdu leur adolescence dans la Seconde Guerre mondiale, en Italie et ailleurs, de la même manière que leurs propres parents avaient laissé la leur au cours du premier conflit...
Duras, « tueuse de cinéma »
Avec Le Cinéma que je fais, l’écrivaine offre au lecteur une visite guidée de sa production cinématographique. Loin des canons de l’époque.
Après la réédition, l’été dernier, des entretiens croisés avec Jean-Luc Godard (Dialogues, chez Post-éditions), voici donc un volume posthume consacré aux 19 films que Marguerite Duras (1914-1996) a réalisés, de La Musica (1966) aux Enfants (1985), en passant bien sûr par les deux chefs-d’œuvre que sont India Song et Le Camion. Se trouvent donc exclues du présent florilège les adaptations de...
Devenir personne
Avec Le Roman de Londres, l’ecrivain Serbe Miloš Tsernianski (1893-1977) présente le destin d’un couple russe en exil. Un huis clos oppressant.
Lorsque l’on arrive à la première véritable péripétie du roman (l’embauche de Repnine en tant que comptable chez un bottier, ce qui lui vaut de travailler dans une cave où sa vue rapidement se dégrade), on en déjà lu les 150 premières pages, un temps largement suffisant pour faire connaissance avec les deux protagonistes : Nikolaï Rodionovitch Repnine (un prince qui donne d’emblée au lecteur...





