La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
À hauteur d’homme
Après une éclipse de plusieurs décennies, Jean Proal (1904-1969) retrouve enfin la lumière : réédition de deux de ses romans.
Avant de totalement disparaître des radars littéraires, Jean Proal avait publié une dizaine de volumes, de 1932 à 1956, essentiellement chez Denoël, mais aussi chez Albin Michel, Julliard et Gallimard. L’un d’eux (De sel et de cendre) obtint même un prix de la SGDL en 1953. Une production littéraire qui fut encouragée en son temps par Blaise Cendrars, Jean de La Varende, Jean Giono (qui...
Avec Magritte, de Louis Scutenaire
Entre 1947 et 1977, Louis Scutenaire (1905-1987) a écrit quatre livres sur son ami René Magritte (1898-1967), qu’il dit avoir « fraternellement aimé ». Difficile d’imaginer une monographie plus singulière que cet Avec Magritte (publié pour la première fois en 1977). On ne voit pas trop en effet ni comment le volume est construit, ni à quel plan d’ensemble ses pages obéissent (et dans...
À l’heure du pikadon
Avec Pluie noire, le Japonais Masuji Ibuse (1898-1993) nous ramène au cœur de l’enfer, juste après l’explosion de la première bombe atomique.
Du bombardement d’Hiroshima le 6 août 1945, l’Histoire a surtout retenu quelques chiffres, qui disent mieux que de longs discours l’ampleur de la tragédie : 62 000 bâtiments détruits sur les 90 000 que comptait la ville, 75 000 morts en quelques secondes, pour un total d’environ 250 000 victimes. Mais ce que l’Histoire a délaissé en privilégiant le collectif, ce sont les drames individuels....
No future
Dans une Bucarest en ruine, le Roumain Mircea Cărtărescu (né en 1956) plante un roman labyrinthique, aux accents de fin du monde.
On avait déjà éprouvé ce genre de vertige avec le 2666 de Bolaño, le Tunnel de Gass, le JR de Gaddis, ou encore Le Grand Roman de Ladislav Klíma. Cette impression de ne jamais très bien savoir où l’on est, où l’on va, et de pouvoir perdre pied pour peu que la lecture se fasse un peu moins attentive. Cette certitude, éprouvée page après page, de ne jamais être, en tant que lecteur, dans sa...





