La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un livre
Europe N°1109-1110 (Alexandre Vialatte, Tanguy Viel)
Europe N°1109-1110 (Alexandre Vialatte, Tanguy Viel)
Outre cinq textes inédits (soit une douzaine de pages), qui auraient gagné à être datés et situés de manière précise dans son œuvre, ce dossier Alexandre Vialatte (1901-1971) de la revue Europe réunit 22 contributions, et parmi elles quelques signatures que l’on trouve régulièrement associées au travail de l’écrivain auvergnat : Pierre Jourde, Christian Moncelet, François Taillandier, Denis...
Penser comme une montagne
Selon l’écologiste américain Aldo Leopold, il faut promouvoir la perception pour préserver l’environnement. Défense et illustration.
Connu comme le père de la défense de la faune et de la flore sauvages en Amérique, et pour avoir été conseiller auprès des Nations unies pour la protection de la nature, Aldo Leopold (1887-1948) apparaît en ces pages comme le digne héritier de Henry David Thoreau (1817-1862), se faisant l’ardent défenseur de « ce qui est naturel, sauvage et libre » contre ce qui est « artificiel, domestique...
« La connerie est partout »
Réédition du théâtre complet de Louis Calaferte (1928-1994), dans lequel le dramaturge pose sur ses semblables un regard acéré. Et sans complaisance.
Dans la galaxie que constitue l’œuvre de Louis Calaferte (seize volumes de journal, une cinquantaine de recueils de poèmes, une bonne vingtaine de récits, auxquels s’ajoutent quelques essais), le théâtre occupe une place non négligeable : 26 pièces, écrites entre 1950 et 1993 (et initialement publiées aux éditions Jacques Hesse). Des pièces qu’il a lui-même réparties en deux groupes (à...
Le nom du père
Avec Les Locataires de l’été, l’Américain Charles Simmons (1924-2017) signe un récit bouleversant, qui est surtout un adieu à l’enfance.
C’est pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya. » Un tel incipit laisse peu de suspense au lecteur. Le seul élément que cette phrase liminaire ne présente pas, c’est le cadre spatio-temporel du récit, à savoir une presqu’île située quelque part aux États-Unis, ouverte d’un côté sur l’océan, de l’autre sur une baie, une maison familiale plantée au bord de la mer...




