La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Journal d’un médecin malade
Pionnier de la psychanalyse française et de l’homéopathie, passionné d’ésotérisme et de cinéma, René Allendy (1889-1942) fut un médecin touche-à-tout qui n’a pas négligé la littérature (cf. MdA No31). Doté d’une très belle plume, il a laissé plusieurs ouvrages parmi lesquels son Journal d’un médecin malade, ou six mois de lutte avec la mort (1944) est le plus bouleversant. Dédié à Joseph...
L’Homme et la betterave
Rédigés par Raymond Queneau afin d’introduire une Encyclopédie des sciences inexactes qui ne vit pas le jour, les 16 feuillets manuscrits non datés de Comprendre la folie publiés initialement par Jacques Jouet dans son Raymond Queneau (La Manufacture, 1989) constituent un document pour l’étude des fous littéraires. L’omni-curieux Queneau y fait part des soucis méthodologiques qu’il rencontre...
Les maniaco-boulimiques
Il arrive que certains bibliophiles -on les imagine nimbés d’élégance- se transforment à l’instar du Docteur Jeckyll en bibliomanes. Physiquement, la mutation saute à l’oeil : ce Hyde dévoreur de papier est hirsute, équipé d’une barbe inqualifiable, fagoté comme un sac. Il avance courbé avec pour unique horizon les boîtes de bouquins à la recherche de la rareté, de l’inconnu et du bizarre....
Des livres
La Belle Époque de l’opium
de
Arnould de Liedekerke
Fumée d’opium
de
Claude Farrère
Chasser le dragon
Favorisé par l’extension coloniale, l’opium fut entre 1880 et 1914 une drogue très répandue ainsi qu’une source d’inspiration incomparable. Hallucinant.
On n’ose imaginer ce que les Français des années 1880-1914 auraient pensé de l’actuelle campagne en faveur du cannabis. Ses maigres clapotis les auraient amusés, eux qui pouvaient s’en payer des tranches en toute tranquillité avec l’absinthe, la morphine, le haschich, l’éther ou l’opium, passe-temps fameux et passablement redoutables. Puis vint la guerre qui accorda d’autres motifs d’évasion...
