La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Un livre
Dialogues d’utopie
de
Marcel Schwob
Dialogues d’utopie
Marcel Schwob connaît un retour de flamme. Ses livres renaissent les uns après les autres sous des labels variés, essentiellement Allia et Ombres, une biographie a été établie par Sylvain Goudemare (MdA No34), c’est à qui tirera le premier : trois éditions du Roi au masque d’or coexistent, trois autres des superbes Vies imaginaires, deux de Coeur double. Et il semble que deux maisons aient...
Un livre
Discours de réception du Diable à l’Académie française
de
Henri-Frédéric Blanc
Satan chez les gâteux
Le pétulant Henri-Frédéric Blanc promeut à l’Académie française un Diable moqueur. Un roman jubilatoire sur les médiocrités de la littérature française contemporaine.
« Onctueuses et toujours désirables mesdames mes consoeurs, séduisants et bien membrés messieurs mes confrères, chers académiciens, excellentissimes esprits, joyaux de la Patrie, étoiles de la Pensée, perles de la française...
Un livre
Une petite ville au bord du désert
de
Michel Jourdain
Silence, on guerroie
Le paradoxal Michel Jourdain n’a pas son pareil pour taire. Avec Lettres mortes (Champ Vallon, 1999), on avait remarqué comment il parvenait à évoquer un sujet en le contournant délibérément. Sa pudeur, assortie peut-être d’un goût de la feinte ou d’un empêchement très intime laisse à ses lecteurs un large espace de liberté au coeur duquel naissent peu à peu les questions, celle-ci en...
L’effet antirides
À l’évidence, David Foenkinos adore les incongruités. Inversion de l’idiotie place un jeune rentier face à son vide : bêtise et surmenage. Prémices d’un gagman.
David Foenkinos est un jeune homme tout en hauteur. Il arbore un air franc sur visage sympathique, il a l’oeil pétillant, le cheveu frisé, toutes caractéristiques de nature à le rajeunir en lui assurant la sympathie de la plus acariâtre des bignoles. Les éditeurs apprécient eux aussi son air juvénile et chaleureux puisque la maison Gallimard produit son premier roman, Inversion de l’idiotie,...
