La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Tours, rites et dingueries
Le Britannique Mervyn Peake a signé avec la Trilogie de Gormenghast l’un des classiques majeurs de la littérature d’imagination du siècle dernier.
À l’heure de saluer l’écrivain Patrick Reumaux qui a disparu le 17 janvier dernier, la reparution de sa traduction du chef-d’œuvre inclassable de Mervyn Peake (1911-1968), la Trilogie de Gormenghast, semble l’hommage le plus retentissant que le monde culturel français soit capable de lui rendre. Si la presse est silencieuse à propos de la mort du traducteur, il se peut que le Titus d’Enfer de...
Un auteur
Réinventer l’énigme
La romancière anglaise A. S. Byatt récemment disparue aura-t-elle œuvré pour rien ? Ses malicieuses expérimentations et son formidable goût pour les récits trouveront-ils encore des adeptes ?
Constatant l’empressement que met le milieu littéraire à négliger les écrivains dès lors qu’ils ne sont plus aptes à produire de cette panacée qu’est la « nouveauté », il nous est venu à l’esprit que, peut-être, on avait déjà oublié la romancière anglaise A. S. Byatt décédée cet automne, le 16 novembre, à Londres. Ses livres Le Sucre et Possession ont été au cours des décennies 1980-1990...
Un auteur
Désir et glossolalie
Les pâles et fiévreux après-midi des villes, comme les jeunes repasseuses, je vous prends dans la bouche. » D’ores et déjà gravé dans les annales de la poésie du siècle dernier, cet incipit issu du poème Les Pâles et Fiévreux Après-midi des villes (Maintenant, 1972) est comme un échantillon représentatif de la poésie d’Annie Le Brun, condensé fluide et coloré d’un érotisme omniprésent et...
Un auteur
Face au « non-monde », déserter
Contre l’éradication orchestrée de la singularité et du « commun », Annie Le Brun réhabilite la pensée critique.
Annie Le Brun, vous nous disiez que le surréalisme apportait une autre qualité de l’air… Est-il respirable aujourd’hui ?
Ce n’est pas par hasard que, dès le premier Manifeste du surréalisme, André Breton parle d’un château en ruines, ouvert à tous les vents et dont les visiteurs vont et viennent à leur guise, tel le plus inespéré carrefour du négatif. C’est d’avoir été cet espace informel...


