La rédaction Franck Mannoni
Articles
Comment habiller un garçon de Cyrille Martinez
Le vêtement est un marqueur social. Une fois le truisme énoncé, comment se construire avec ces accessoires indispensables à la vie en société ? Cyrille Martinez explore cette question de philosophie du quotidien dans ce roman enlevé, pétillant d’humour et subtilement référentiel. Le narrateur, bibliothécaire nonchalant, s’interroge depuis son poste d’observation, lui qui est perclus de doutes sur son apparence : « Je n’ai jamais su dire si c’est moi qui portais cette chemise ou si c’est elle qui me portait ». Une rencontre avec des membres de la tribu des « mods » qui suivent des...
Folie entre mes doigts d’Alice Botelho
Face à l’indicible, le corps et l’esprit s’engagent parfois dans une chute sans fin. C’est ce que vit Alice, le personnage central de ce premier roman, internée volontaire en hôpital psychiatrique. Comme cette autre Alice, l’héroïne du livre de Lewis Carroll, celle qui est maintenant considérée comme une patiente rompt avec son quotidien normé. Mais comment accéder aux traumatismes intimes...
Erreur de jugement de Ariana Harwicz
Entrer dans le roman entêtant d’Ariana Harwicz, c’est s’immerger dans la psychologie tempétueuse de Lisa, une mère en lutte pour la garde de ses deux enfants. « Erreur de jugement » n’est pas une confidence tranquille, c’est un flot ininterrompu de pensées, de questionnements, de réflexions qui traversent la psyché d’une femme obnubilée par son combat. À tel point que son personnage, dont on...
Nives ou les cœurs volatils de Sacha Naspini
Tout commence comme une mauvaise farce : Anteo, vieux fermier, meurt dans son enclos au cochon, le visage mangé par l’animal. La veuve du vieillard, Nives, après avoir renoncé à abattre l’animal, apprivoise son chagrin en se prenant d’amitié pour une poule boiteuse, qui fait des crises de tétanie. Le grotesque côtoie le drame : ce sera le ton de ce roman aux accents sarcastiques et touchants...
A la fin de l'été de Magdalena Blaẑević
La guerre et ses hordes de soldats ne sont jamais loin dans ce premier roman édifiant de Magdalena Blažević. Et pourtant, il faut quasiment attendre la moitié du récit pour que l’horreur d’une attaque apparaisse, avec son cortège de victimes et de sang. C’est que l’auteure bosnienne (son hommage est explicite : « Aux habitants du village de Kiseljak, en mémoire du 16 août 1993. ») a mis...





