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Le Matricule des Anges
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La rédaction Gilles Magniont

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Articles

Dans l’intimité d’un espion. Lettres de John le Carré

de John le Carré
Entre deux orages « Il y a trop de choses enfouies en moi à relâcher »  : sur la scène publique et privée, un long voyage en compagnie fébrile de John le Carré, dans le clair-obscur de sa correspondance. J’ai décidé de cultiver ce regard intense et tourmenté, et de me mettre à écrire des lettres aussi brillantes que décousues à l’intention de mes futurs biographes. » C’est le début des années 1960, David Cornwell vient de se rebaptiser John le Carré, il accompagne ce post-scriptum d’un bel autoportrait, lui qui se voyait bien enseigner le dessin, pourquoi pas vivre de ses talents d’illustrateur. Il avait connu les internats, étudié à Berne puis Oxford, enseigné l’allemand à Eton, été recruté par le Renseignement britannique. Et à 29 ans, profitant de ses trajets en train, il commence à...
novembre 2025
Le Matricule des Anges n°268

Temps de cochon

de Andrew Cowan

Temps incertain

C’est la truie qui a réveillé mon grand-père le matin où grand-mère est morte«  : l’incipit est pour le moins brutal. En lieu et place de Pig, le titre français (Temps de cochon) constitue une astucieuse traduction, qui annonce le fil conducteur du récit -à savoir Agnes, cette truie dont le jeune Danny va s’occuper avec obstination, une fois son grand-père placé en maison de retraite- en même...
janvier 2001
Le Matricule des Anges n°33

Météorologie du rêve

de Tiphaine Samoyault

Avis de roman

Le deuxième roman de Tiphaine Samoyault est fait d’aller-retour. De l’amour qui lie Garance et Merlin le reporter, de vingt ans son aîné, on remonte régulièrement à Mai 68 : Garance (comme l’auteur, prend soin de préciser la quatrième de couverture) est née au lendemain des événements auxquels Merlin participa. L’œuvre n’est pas qu’érudite. Certes, il y a la manie des références, Mallarmé...
septembre 2000
Le Matricule des Anges n°32

Les Beaux Bruns

de Patrick Gourvennec

Les Beaux bruns

Tout a commencé sur une plage du Finistère Nord. Zaza et Giuseppe le Napolitain ont élu, dans un hangar à bateaux, un drôle de domicile. Rocco, l’un de leurs cinq enfants, se souvient aujourd’hui de son enfance : sa scolarité vite abandonnée, le prestige et l’inactivité du père, l’arrivée d’une famille de forains, les lotissements construits pour la petite bourgeoisie… À coup de courts...
septembre 2000
Le Matricule des Anges n°32

L' Éducation de la poussière

de Natacha Michel

Extension du domaine de la souffrance

Suzanne Klein a perdu son jeune homme de fils il y a un an, elle est depuis lors aux prises avec sa souffrance ; à La Nouvelle-Orléans, elle abandonne le cycle de conférences littéraires qu’elle devait mener, se fait engager sous une fausse identité comme femme de ménage, avant de devenir ouvrière dans un bateau de clandestins. Présenter ainsi le roman n’est pas vraiment faire œuvre de...
septembre 2000
Le Matricule des Anges n°32

À la pointe – chronique

Dans ton ru Philosophe-essayiste tendance Tocqueville et libéralisme des Lumières, Gaspard Koenig est aussi romancier, par exemple avec Aqua, récemment paru aux éditions de l’Observatoire. Ça se passe à Saint-Firmin, près de Caen : météo déréglée, cycle d’inondations et sécheresses, l’eau viendra-t-elle à manquer ? Martin l’énarque voudrait raccorder la source locale aux installations de la communauté de communes, mais Maria l’épicière lui souffle la mairie et entreprend de maintenir la belle autonomie du bourg, avant que les égoïsmes locaux ne détrompent son idéalisme. Le sujet est technique :...
mars 2026
Le Matricule des Anges n°271

Les albatros

Le couloir que je prends, c’est celui qui mène au passé. Ce voyage spatial est un périple temporel, une machine à remonter le temps, et je me demande où il va me conduire ». Décidément, la collection « Retour chez soi » est une mine ouverte par Flammarion, avec ses thrillers existentiels qui offrent à des écrivains la possibilité de revenir dans un lieu de leur enfance ou de leur adolescence...
janvier 2026
Le Matricule des Anges n°269

La rivière insolente qui unit dans son lit

Les cheveux blonds les cheveux gris. On connaît la chanson. Reste que pour les cheveux gris, c’est pas tous les jours chemsex. « Aimer à cinquante ans, est-ce encore possible ? » interroge la quatrième de couverture du nouveau roman de Sarah Chiche, en lice pour le Femina : la question mérite d’être posée et préoccupe d’assez près, on s’en doute, la rédaction du Matricule. Aimer le bien...
octobre 2025
Le Matricule des Anges n°267

Médiatocs – chronique

Génération écran plat Mazarine Pingeot, fille de et future mère, met sa vie en forme.Puis vend sa télé. Je reste enfermée dans la maison. Ma chienne préfère le sommeil, je ne la comprends pas » : trois propositions, quelques mots très simples, Mazarine effleure le mystère du règne animal. Puis, dans la même page, elle évoque le chat, le cheval, ou encore la grenouille. Mais comme cette dernière rappelle Kermitterand, la future mère a ce cri déchirant : « Peut-être vendrons-nous la télé quand tu arriveras. » Certains diront qu’il est bien des gens qui se débarrassent de leur télé, mais peu qui la vendent (sauf nécessité extrême), et que Mazarine n’est donc pas très généreuse, un peu petite...
juin 2005
Le Matricule des Anges n°64

Avec la langue – chronique

Un peu plus près des étoiles Avec vingt ans d’avance, la troupe Gold avait trouvé la formule de l’art contemporain. La trentaine détendue fait danser ses enfants au rythme des djembés, les chapelles ruissellent de mises en voix, Mathilde Monnier reprend du rosé : voici venue la saison du spectacle vivant. Mais les joies du live recouvrent le verso non moins solaire des festivals : le Programme, prose dédaignée comme la servante qui n’aurait d’autre rôle que de nous mener à sa maîtresse, la représentation. Or c’est dès les rives du rédactionnel que le désir d’art peut être comblé, en témoignent les deux cents grammes d’Avignon 2008, œuvre en soi dès son premier paragraphe. Valérie Dréville « ne veut pas...
juillet 2008
Le Matricule des Anges n°95

Le patois c’est moi

L’époque a trouvé son mot d’ordre : sous les biloutes, la France !. Puisque cette œuvre ne montre presque rien du Nord/Pas-de-Calais (sinon quelques briques, deux trois toiles cirées, un bout de littoral), puisqu’en masse les spectateurs en reviennent pourtant remplis comme d’une savoureuse démonstration, rendons-nous à l’évidence du Verbe : c’est la part de dialogue qui fait à elle seule toute la valeur anthropologique de Bienvenue chez les Ch’tis, dont...
juin 2008
Le Matricule des Anges n°94

Cela pourrait choquer

Quelques nuages de censure, au ciel menaçant des bienséances. Au début du XXIe siècle : La Nouvelle Star, majesté terrible du jury, et que dire de la salle (prononcer à l’araméenne : pavillon Baal-TÂR), quand c’est au tour du dénommé Ycare, éventuellement de sang cimmérien, de faire ses preuves sur Le Chanteur de Daniel Balavoine. Lio et son tribunal diront parfait, il faut le garder, mais ne souffleront mot d’un alexandrin altéré. Balavoine en son...
mai 2008
Le Matricule des Anges n°93

Courrier du lecteur – chronique

L'homme qui aimait les livres Coups d’œil sur « Le Dictionnaire Truffaut », où les romans se font devant et derrière la caméra. « J’espère que vous garderez longtemps cette gravité du regard et cette façon simple et un peu malheureuse de vous exprimer », écrivait joliment Genet au jeune Truffaut. À parcourir le Dictionnaire, on ne s’éloigne jamais longtemps de la chose littéraire. D’abord, parce que les films sont ici le plus souvent des adaptations, au gré des lectures éclectiques de l’autodidacte : David Goodis pour Tirez sur le pianiste, William Irish pour La Mariée était en noir, Henry James pour La Chambre...
novembre 2004
Le Matricule des Anges n°58

Espèce de Hongrois !

« Tout est pur à ceux qui sont purs » (Saint Paul) : promenade guidée au doux pays de l’Injure. Bougnoule/ Niakoué/ Raton/ Youpin/ Chinetoque/ Putain/ Maquereau/ Macaque/ Chien » pour ceux que n’aurait pas rassasiés cet Hymne à l’amour de Jacques Dutronc, les éditions 10/18 rééditent les travaux de Robert Edouard, publiés une première fois en 1966. Voilà un tombereau qui en impose, avec plus de huit cents pages découpés en deux volumes, le Dictionnaire des injures venant accompagné de...
octobre 2004
Le Matricule des Anges n°57

Quelques déflagrations

Bang ! dévoile et commente toutes sortes d’images. Il y a les images des bandes dessinées, bien sûr, avec notamment l’interview d’Alan Moore, scénariste britannique assez génial qui donne de très politiques contours aux superhéros de papier (on lui doit entre autres les Watchmen et V pour Vendetta) ; mais aussi les images qui cherchent à échapper au livre et recherchent pour ce de nouveaux...
mars 2004
Le Matricule des Anges n°51