La rédaction Jean Laurenti
Articles
L'œuvre au soir
L’ultime volume du Journal de Charles Juliet (1934-2024) composé à partir des fragments laissés à son éditeur rend compte d’un cheminement à l’approche de son terme. Une aventure humaine et une œuvre ouvertes à chacun.
La onzième livraison du Journal de Charles Juliet clôt une entreprise littéraire dont la matière, au long des décennies qu’elle accompagne, est indissociable de la vie même de son auteur. Comme témoignage, peut-être, mais avant tout comme recueil du mouvement de cette vie, de son souffle ténu que les mots auront fidèlement restitué, sans jamais rechercher l’effet, la séduction. Le murmure pour tenter de dire la nature profonde des choses, plutôt que l’affirmation assénée.
Titré Mes meilleures années, ce Journal XI est accompagné de la mention « Fragments ». Charles Juliet est mort au...
Un livre
Le Passant ordinaire N°47
Combien de mondes?
Penser en Passant
Depuis dix ans, la revue Le Passant ordinaire, installée à Bègles, défriche le champ social et intellectuel. Un espace alternatif.
Les revues naissent toujours d’un désir de partage. On porte en soi une passion, une révolte - le plus souvent les deux - qu’on voudrait à toute force essaimer. Le Passant ordinaire a d’abord vu le jour dans la tête d’un tout jeune bibliothécaire des quartiers nord de Bordeaux : Thomas Lacoste a 22 ans lorsque, en 1994, il lance ce projet de revue alternative. Il s’agissait de faire bouger...
Indomptable Anibal
En mêlant fiction et réalité, de Paris à Mexico via La Havane, Jorge Volpi fait le bilan amer de quatre décennies de pensée critique.
C’est sous les auspices de Cervantès que Jorge Volpi place son long et tortueux roman. Le chevalier à la triste figure trouverait certainement matière à errance et méditations sur les terres arides de la désolation idéologique : dans un espace temporel qui va de mai 1968 à la chute du mur de Berlin, le lecteur suit les efforts d’Anibal Quevedo pour rester fidèle à la cause révolutionnaire,...
Un livre
Parlez-moi de vous !
de
Lucette Finas
Parler déçoit
Dans un livre inspiré par la demande d’un éditeur, Lucette Finas fait revivre son enfance dans le Grenoble ouvrier d’avant-guerre.
Des promesses de sincérité aux résonances bibliques de Jean-Jacques Rousseau jusqu’aux manières futées et parfois tonitruantes de l’autofiction, l’autobiographie moderne témoigne des efforts accomplis par les écrivains pour mettre en scène leur vérité. Comme le suggère le titre de ce récit, Lucette Finas dont, en 2002, les éditions Farrago ont réédité L’Échec, son premier roman se plie aux...
Un auteur
Les lettres et le néant
À la toute fin du Mal de Montano un homme seul marche dans la neige et « le brouillard épais (d’un) endroit obscur », « l’âme du foyer conventionnel terriblement loin, abandonné enfin pour toujours. » Cet homme, c’est Rosario Girondo, le narrateur. Il est dans cette ténèbre initiatique comme le poète de l’Enfer de Dante, au seuil d’« une forêt obscure car la voie droite était perdue ». Comme...


