La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Vds avatar, BE, peu servi
Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre.
Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de terrains – y côtoient des objets infiniment plus petits – des graines ou des vis. » La caverne d’Ali Baba (ou celle des ombres chez Platon ?) à portée...
Le Salut viendra de la mer
Quidam a la bonne idée de rééditer en poche Le Salut viendra de la mer (2014, voir Lmda N°182). Un titre, dixit la postface, « tourné vers l’avenir et plein d’espoir », mais que récuse d’emblée l’incipit. « Je vais te dire comment c’est arrivé. Comment c’est arrivé et comment ça devait arriver. Le sang versé et celui qu’on devait verser. » C’est qu’en Grèce, le bleu a viré au noir. « Le pays...
La digue et la crue
La petite musique du flux de conscience façon Conrad Aiken (1889-1973). Pour adultes.
Poète, nouvelliste, romancier, Conrad Aiken est moins lu que ses amis T.S. Eliot, Ezra Pound, Malcolm Lowry qui l’admirait et dont il fut le mentor. La Dernière Visite (1925) forme la belle occasion de rendre justice à ce maître en ambiances et en personnages. Ici, chaque nouvelle campe une femme – « Miss Rooker », « Marie Schley », « Flora des Neiges ».
Le style d’Aiken nous procure le...
Un livre
Constat d’estuaire
de
Michel Jullien
L’eau, ce feu
Michel Jullien, depuis sa fenêtre sur l’estuaire de la Loire, lit et écrit le paysage. En 56 pages, une pièce d’orfèvrerie.
La grande littérature géographique est rare, peu d’écrivains s’y risquent. Il y faut une absolue maîtrise des descriptions, du point de vue, et le vocabulaire qui traduira le visible qui toujours glisse entre les doigts, le paysage est une anguille. Et puis, ne pas lasser son lecteur, y compris s’il connaît bien le coin. Ou d’autres qui lui ressemblent et dont celui visé devra se distinguer....
Tablettes de bois vivant
Dans un essai pensif et délicat à l’image de son objet, Jean-Christophe Bailly dialogue avec les portraits du Fayoum.
Macula réédite, augmenté d’une préface de l’auteur, cet « Essai sur les portraits du Fayoum » – son sous-titre – publié par Hazan en 1997. Le livre comporte 69 illustrations, une sélection parmi le millier de ces « portraits romano-égyptiens ou portraits gréco-romano-égyptiens » comme les spécialistes les appellent. Visages de femmes, d’hommes, d’enfants peints sur bois, les premiers...




