La rédaction Jérôme Delclos
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Vds avatar, BE, peu servi
Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre.
Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de terrains – y côtoient des objets infiniment plus petits – des graines ou des vis. » La caverne d’Ali Baba (ou celle des ombres chez Platon ?) à portée...
Retour à la cabane hirsute
L’œuvre-vie de Tao Yuanming (352-427), un parcours d’écriture et d’existence exemplairement chinois. Inépuisable.
Maître Cinq-Saules », comme on l’appelle encore en Chine, invente comme son contemporain Aurelius Augustinus (354-430) des « subjectivités inédites », nous dit son traducteur Philippe Uguen-Lyon. Il marquera tout autant sa postérité que les Confessions le feront en Occident pour celle de l’évêque d’Hippone. Tao Yuanming est un nom majeur de la littérature chinoise, et sa traduction française,...
Good Evening, Vietnam
Brice Matthieussent construit habilement un roman du temps, entre aventures et atmosphère. Un puissant équilibre.
Le roman ayant ses modes, certains tours deviennent des raretés. Le Couloir rouge de Brice Matthieussent en est une, et c’est tant mieux. Par son usage des temps du passé, et à reprendre ce topos qui fit florès dans la littérature du XIXe siècle de langue anglaise : trois ou quatre hommes, au club, au pub ou dans le train. Ils fument, ont un certain âge, sont amis ou d’emblée intimes même...
Sans que la nuit remue
Se confrontant à l’ignominie des bourreaux, Jean-Michel Espitallier nous offre un grand moment éthique de littérature.
Nul écrivain averti ne touche à l’ignoble sans trembler. C’est qu’il voit bien les pièges auxquels s’expose le récitant du meurtre de masse, de la torture et du viol érigés en système : le pathos facile, le voyeurisme, une esthétisation pour le moins déplacée. L’obscène. En ces parages, le beau style lui-même est suspecté ; l’auteur se regarde écrire, et c’est juché sur une pile de cadavres...
Soixante-cinq rêves de Franz Kafka de Félix Guattari
Deleuze et Guattari revendiquaient l’effacement de leurs noms d’auteurs respectifs, et de ne plus être considérés comme deux ni même un (« Deleuze-Guattari »), mais comme la somme infinie de leurs « multiplicités ». Ironie de l’histoire, les livres qu’ils ont écrits ensemble sont le plus souvent cités sous le nom de Deleuze qui aura éclipsé celui du trop discret Guattari. Aussi peut-on louer...





