La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Vds avatar, BE, peu servi
Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre.
Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de terrains – y côtoient des objets infiniment plus petits – des graines ou des vis. » La caverne d’Ali Baba (ou celle des ombres chez Platon ?) à portée...
Des livres
L' Autofictif nu sous son masque
Journal 2020-2021
de
Eric Chevillard
L' Arche Titanic
de
Eric Chevillard
Chevillé à la nuit
Des nuits de L’Autofictif à celle d’Éric Chevillard au musée : sous les pavés de l’humour, le sable noir de la mélancolie.
Chaque nuit depuis 2007, Éric Chevillard rédige trois brèves notes du Journal de L’Autofictif. Puis à l’aube il en alimente son blog, dont chaque année L’Arbre vengeur édite un volume. L’Autofictif nu sous son masque (Covid oblige) est le treizième de la série, et sous-titré « Journal 2020-2021 ». La page du 22 juillet donne tout son sens au titre. « Exhibitionniste sournois, pour ne pas dire...
Retour vers l’oubli
Hantée par la guerre et la mort, l’œuvre de Branimir Šćepanović (1937-2020) instaure un pathétique sublime de la lutte avec l’ange.
Branimir Šćepanović est surtout connu pour son roman La Bouche pleine de terre. L’édition par Noir sur blanc de la totalité d’une œuvre que L’Âge d’homme avait traduite en partie tient en trois romans, dix-neuf nouvelles dont quinze inédites, et l’on y croise souvent l’homme qui s’en va, ou qui revient. S’il s’en va, il manque à suivre une femme, le train est reparti, et la vision, dans la...
Au libraire inconnu
Guidé par Vincent Puente, on tombe dans les livres et le panneau. Bibliophobes s’abstenir.
Avec son « C » majuscule, Le Corps des libraires désigne, selon son chapitre éponyme, une brigade des livres, qui au cours de l’histoire « se militarise peu à peu », dont les rangs « se composent essentiellement d’analphabètes », et qui servent de grands lecteurs, comme la comtesse d’Artois ou le prince de Ligne. Ce dernier les équipe d’un uniforme à « parements couleur de rose et bouton...
Queer de pique
L’autobiographie baroque de « la nonne-soldat » (1592-1650). Un texte transgenre à tous points de vue. Étourdissant.
À rebours de l’opinion qui prétend que les préfaces sont écrites pour ne pas être lues, celle de Sophie Rabau à La Nonne-soldat de « Catalina de Erauso » le sera de toute nécessité. Il faudrait ici des guillemets partout : au titre, au nom de l’écrivaine, à celui de José-Maria de Heredia son « traducteur », qui masque peut-être celui d’un auteur facétieux : lui-même, ou son oncle, ou Thomas...




