La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Vds avatar, BE, peu servi
Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre.
Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de terrains – y côtoient des objets infiniment plus petits – des graines ou des vis. » La caverne d’Ali Baba (ou celle des ombres chez Platon ?) à portée...
Un auteur
Un jour viendra
D’André Dhôtel (1900-1991), Jean Paulhan disait qu’il est « notre Dickens ». Peter Handke admire mieux en le nommant simplement « l’incomparable ». Son œuvre immarcescible, aussi singulière que ses personnages, change du tout au tout notre regard. Élégant et discret, le génie du pas de côté.
Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie...
Kontroll des estomacs
Antoine Dreyfus nous révèle la politique de l’alimentation des nazis, et en quoi nous en avons hérité. Instructif et dérangeant.
Français ou américain, le cinéma comique d’après-guerre a caricaturé le nazi en gros consommateur de choucroute et de bière, façon folklore bavarois. C’est « Papa Schultz » incarné par Francis Blanche dans Babette s’en va-t-en-guerre (1959), ou John Banner, friand de strudels, dans son remake hollywoodien Stalag 13 (1965), une sitcom en six saisons. Dans les deux versions, le SS est en...
L’amer, toujours recommencé
Avec l’histoire de l’amaro dans la cuisine italienne, Massimo Montanari nous régale et nous dépayse en érudit.
Massimo Montanari est un gentleman. Certes il souligne « le déclin progressif de l’amer dans la culture française » à partir des Lumières et tôt déjà quand « l’expression « amer-doux », attestée jusqu’au début du XVIe siècle », s’y voit remplacée par « doux-amer ». Mais il ne le fait qu’après avoir payé sa dette à L’Amer d’Emmanuel Giraud (Argol, 2011) qui a inspiré son essai sur l’« amaro »,...
Un livre
Intermède / Tribu des ombres
de
André Dhôtel
Le salut dans la déroute
Deux nouvelles d’André Dhôtel tendres et féroces comme l’esprit d’enfance qui les anime… et qui nous charme.
André Dhôtel (1900-1991) le confiait à Patrick Reumaux dans Terres de mémoire (Jean-Pierre Delarge, 1979) : « J’en reviens toujours à un artisanat ». Artisanales, c’est-à-dire patiemment polies, réglées, ajustées sur l’établi, les deux nouvelles de Dhôtel que livre La guêpine assurément le sont. Et, ce qui ne gâche rien, dans une élégante plaquette sortie de l’atelier de l’imprimeur-éditeur...




