La rédaction Julie Coutu
Articles
Le sang en héritage
La malédiction familiale au cœur d’Ici tombent les filles, premier roman de Stephene Gillieux.
C’est un conte revisité, que propose ici Stephene Gillieux. Et le genre ne doit rien au hasard. L’autrice est psychologue et son récit vient chercher la malfonction, la dysfonction, tant familiale que sociétale dans un récit horrifique et glaçant, dont l’analyse aurait pu plaire à Bruno Bettelheim. Les codes du transfert du réel vers l’imaginaire sont tissés, assemblés, dans un texte complexe, dense, sombre. Tout est là : le père terrifiant, la mère alitée et glaciale, les trois filles, un fils, la cabane au fond des forêts, la montagne obscure, la Butte, le village, la maîtresse...
Un auteur
Humaines faiblesses
Avec Le Cœur par effraction, ample roman sur le bien et le mal, l’Écossais James Meek dit avoir essayé de faire Tolstoï « son maître, son Virgile ». Rencontre.
James Meek livre ici une brillante analyse de mœurs. Turpitudes, ambitions, désirs, amours, trahisons : une impressionnante galerie de personnages sert sa déclinaison des sentiments humains, au travers d’un prisme moral parfois ambigu. Un roman-fleuve impossible à résumer, tant les fils qu’agite Meek sont nombreux, intriqués, qui tient du thriller autant que du conte moral, de l’initiatique...
Tendre est la nuit
Avec La Promo 49, Don Carpenter peint une jeunesse américaine portée par l’insouciance et les cruelles désillusions.
Publiant l’an dernier Sale temps pour les braves (1966 pour le texte original), pièce maîtresse de l’œuvre de l’américain Don Carpenter, les éditions Cambourakis proposaient au lecteur francophone une belle découverte d’un romancier curieusement oublié. Don Carpenter, auteur côte ouest, San Francisco, années 70, proche de Richard Brautigan, une dizaine de romans, des nouvelles, plusieurs...
Voix de l’âme
Réédition du beau livre des mémoires de l’Uruguayen Eduardo Galeano, exilé des dictatures, entrelaçant histoire et poésie.
Recordar, ou se souvenir en espagnol : du latin re-cordis, repasser par le cœur ». Voilà qui ouvre ce Livre des étreintes, objet singulier, inclassable. Ni roman, ni essai, ni poésie, explosion de fragments plutôt, mêlant fables, anecdotes, lambeaux d’histoire, souvenirs, analyses politiques et sociales, pensées fugaces ou plus durables, contes, croyances, en une immense mosaïque rythmée,...
La Couleur du crépuscule de Alfons Cervera
À Los Yesares, Sunta a attendu d’avoir 50 ans pour se marier. Quand la cérémonie sera passée, elle partira en voyage, son premier voyage. Sunta n’a jamais véritablement quitté son village alors qu’ils sont nombreux ceux qui se sont arrêtés pour mieux repartir, chassés par le silence, l’immobilité : « dans les villages comme Los Yesares, il n’y a que la paresse et les années qui restent...





