La rédaction Julie Coutu
Articles
Le sang en héritage
La malédiction familiale au cœur d’Ici tombent les filles, premier roman de Stephene Gillieux.
C’est un conte revisité, que propose ici Stephene Gillieux. Et le genre ne doit rien au hasard. L’autrice est psychologue et son récit vient chercher la malfonction, la dysfonction, tant familiale que sociétale dans un récit horrifique et glaçant, dont l’analyse aurait pu plaire à Bruno Bettelheim. Les codes du transfert du réel vers l’imaginaire sont tissés, assemblés, dans un texte complexe, dense, sombre. Tout est là : le père terrifiant, la mère alitée et glaciale, les trois filles, un fils, la cabane au fond des forêts, la montagne obscure, la Butte, le village, la maîtresse...
Le Monde extérieur de Jorge Franco
Fantaisiste, onirique, cruellement réel. Voilà pour le monde intérieur/extérieur de Jorge Franco dans ce conte noir sur fond de drame dans la Medellin des 70’s. Diego Echavarria, Don Diego, est enlevé par une bande de gamins des rues mal grandis, menée par Mono Riascos qui a élaboré un plan simple, pense-t-il, pour fuir avec son amant grâce à l’argent d’une rançon vite récupérée. Sauf que...
L’ombre de l’Amérique
Leroy Kervin a 25 ans, peut-être 26. Il s’est engagé dans la Garde Nationale sur le conseil de son patron : « un week-end par mois et deux semaines par an », de l’argent toujours utile et facile, aucun risque. C’était compter sans la guerre en Irak. Une « roadside bomb », un traumatisme crânien, deux bras cassés : « Il ne savait plus ni parler ni marcher. La vie qu’il avait connue n’existait...
Les Brasseurs de la ville de Evains Wêche
Brasser la ville, survivre au jour le jour. À Port-au-Prince, on se débrouille. Un père maçon, une mère vendeuse de serviettes sur les marchés, cinq enfants : pour dire le quotidien de cette famille haïtienne, Evains Wêche croise les voix des parents, entre désespérance et aspirations à un meilleur façon rêves de midinette : « Si ça se trouve Babette sera un jour Shakira ».
Evains Wêche...
Troublants silences
La musique est incontournable chez Anna Enquist. Et dans cette dystopie sociale qui se penche sur les liens à nouer ou dénouer au sein d’un quatuor amateur, dans un pays qui bannit la musique et les arts, fait disparaître ses vieux, abandonne les plus fragiles, redoute l’étranger, c’est elle qui se taille la part belle. Fin de l’État-providence, de la culture, du superflu, du non...





