La rédaction Richard Blin
Articles
La transmutation du monde en beauté de langue
Loin des commodités du roman courant et de la compulsion moderne au discontinu, la prose romanesque de Jean-Paul Goux fait de la matière de la langue la source même de l’émotion littéraire.
On n’entre pas tout uniment dans l’univers de Jean-Paul Goux, mais il ne faut pas longtemps pour que son écriture agisse et que l’on sente œuvrer la singularité d’un ton, la profondeur d’un éprouvé, la tension d’une voix. Quelqu’un nous parle, s’adresse à nous, sollicite notre écoute, nous subjugue par la force d’entraînement de sa pensée parlée en mouvement. Une voix, portant la présence d’un corps, nous fait partager l’intime d’une réflexion tout intérieure. Tous les livres de Jean-Paul Goux sont ainsi portés par des voix qui alternent, se relayent, mettent en mouvement ce qui les meut...
Un livre
N’aie pas peur (suivi de) Images naturelles
de
Pentti Holappa
N’aie pas peur
De Pentti Holappa, poète finlandais né en 1927, grand amateur de littérature française (il a traduit Robbe-Grillet comme Beckett), n’étaient accessibles qu’un recueil anthologique et un roman (cf. MdA No37). Dans N’aie pas peur on retrouve la même langue fluide, mélancolique comme une valse de Sibelius. Entre « le chuchotis électrique de l’ordinateur » et « les fortifications de l’illusion...

