La rédaction Virginie Mailles Viard
Articles
Un abri pour Lampedusa de Elsa Régis
Guiseppe Alde est architecte, il travaille sur un chantier dans la villa d’Armani, à côté de Rome. Il y rencontre l’écrivain Marco Serve. Autrefois chauffeur de taxi, il récupérait des « Hommes qui n’avaient pas le droit de sortir de la mer pour rejoindre le sable, puis la terre, et la route après elle. » À quatre heures de ferry, l’île de Lampedusa. « On sait les migrants qui foulent sa terre ; les migrants refoulés, on les devine aussi. L’Abri a d’original que ses occupants veulent eux-mêmes le quitter. » Il y a quelque chose de très viscontien dans ce premier roman, qui nous renvoie à...
Un livre
Carlitos qui êtes aux cieux
de
Fernando Vallejo
Adiós Colombia
Quand une voiture passe sur la route de la Cascade à Támesis, elle souffle à la ronde un immense nuage de poussière. La route de Támesis n’est pas goudronnée, voilà pourquoi. Alors, femmes et enfants se ruent à l’extérieur des maisons pour à grands coups de seaux d’eau étouffer « la mer de poussière qui recouvre tout (…) jusqu’au Sacré Cœur de Jésus que nous faisons trôner dans la salle de...
Un livre
Redemption falls
de
Joseph O’Connor
Le tambour et le chaos
L’écrivain irlandais Joseph O’Connor nous perd dans les méandres d’une ville fantôme où errent les revenants de la guerre de Sécession.
Au cœur d’une carte du nord-ouest des États-Unis, un point, plus gros que les autres. Voilà la ville de Redemption Falls. En bas, à gauche, un encadré dessine ses avenues principales. Pourtant, en y regardant de plus près, cette ville est au milieu de nulle part. Un no man’s land effroyable, celui du Territoire des Montagnes. C’est vers ce lieu des ténèbres que Joseph O’Connor dirige les pas...
Le Bodanubleu
Le roman s’ouvre comme une farce gargantuesque : le petit monde lisse et brillant de nos écrans télés se retrouve autour d’une table pour se faire proprement lécher le derrière par notre narrateur, Balthazar. Il dresse derrière chaque croupion le portrait féroce du léché. « Je m’attaque à la Carlan (…) rien n’est plus abominable que de fouiller le derrière d’un varan. Ca va être de la lèche...
Un livre
Au bureau
de
Nicole Malinconi
Réduire le personnel
La nouvelle est tombée « (…) disant que des temps difficiles s’annonçaient pour la grande famille, et qu’ils ont parlé de départs volontaires. » C’est comme ça que Jean apprend que son heure est venue. Dès lors il prend la décision de tout noter dans un cahier, « pour tâcher de ne plus rien perdre de ce qui arrive ». Un narrateur omniscient mêle sa voix à celle de Jean, ouvre une à une les...

