La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Equarissage pour tous

octobre 1994 | Le Matricule des Anges n°9 | par Emmanuel Laugier

L' Election

Deux auteurs pour un livre : le premier est poète. On ne peut parler de Jean-Louis Giovannoni sans lier son écriture maigre et sèche, incisive à une obsession du corps, à un écart qu’il représente et qui est chez lui l’expérience d’un arrachement : « le corps se sectionne dans le corps (…)//les os/vers l’intérieur » lançait déjà Garder la mort, publié en 1985 aux éditions Unes de Jean-Pierre Sintive. Le second est photographe : Marc Trivier n’accompagne pas seulement le poème de Giovannoni. Il rassemble plutôt ses images de telle façon que face au poème elles en soient comme la part enfouie, mais aussi, à l’inverse, autre chose. Accolement, donc, et décalage. Pourtant, si le long poème de Giovannoni, s’étirant sur lui-même en sept voix jusqu’à devenir une sorte de prose, prend le ton d’un procès, accusation et défense réunies, celui d’un combat pour ce qu’il nomme l’élection de son corps, Marc Trivier semble lui-même ouvrir, par ses tirages, à ce qui « est au milieu de la viande ». Pour témoin, des têtes de bœuf, museau en l’air, l’œil renversé et blanc, ou aveugles. Si, encore, Giovannoni, utilise un vocabulaire tiré de l’immobilier il s’agit d’habiter un corps, un langage de boxeur il s’agit de cogner, de se débattre face à ceux qui voudraient crever l’opacité du corps et y mettre de la transparence, de la décontraction, on comprend alors la présence des visages de Paule Thévenin, de Louis-René des Forêts, de Bernard Noël, Andréa Zanzotto, Bram Van Velde, Hans Hartung, Bacon…. On comprend que l’absence se loge dans le corps. Poème et photographies dessinent le trajet d’un homme vers son élection, soit ce qui garde le corps au plus près de son fond irreprésentable. Deux auteurs pour un livre d’une rare qualité. On attend désormais chez le même éditeur et des mêmes auteurs : Le journal d’un veau, le Colloque des visages.

L’Élection
Jean-Louis Giovannoni
Marc Trivier
Didier Devillez Ed.

BP 1463 1000 Bruxelles 1(Belgique)
100 pages, 150 FF.

Equarissage pour tous Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°9 , octobre 1994.
LMDA papier n°9
6,00 €