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Domaine étranger Une enfance israélienne

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15 | par Isabelle Dupré

Les quatre nouvelles qui forment ce recueil représentent autant d’étapes de la vie d’un petit garçon puis d’un adolescent sans doute le jeune Yehoshua lui-même, bien qu’il ne soit jamais prénommé.
Le narrateur, fils unique affligé d’un incoercible battement de cils, s’examine à travers ses rapports avec les autres, d’abord avec ses petits voisins dans le village israélien où il vit, avec ses condisciples au conservatoire et au lycée ensuite.
Le thème du mal, tour à tour subi ou infligé, domine ces tranches de vie. Dès la première page, la mère annonce en souriant à son fils que le grand-père est mort : « on voyait bien qu’elle lui avait fait mal consciemment ». Petit à petit, l’enfant découvre l’attirance exercée par le mal : il refuse violemment l’amitié de ses camarades. « J’ai envie d’un peu de déchéance », dira-t-il même à l’adolescence. Certains personnages, qui ont la beauté du diable et commettent le péché, fascinent leur entourage, tel Pessah, ce rouquin qui danse nu en exhibant une « grande érection » sur laquelle se clôt le recueil.
Il ne se dégage pas des récits de Kenaz de réelle originalité, si ce n’est celle qu’apporte la couleur locale israélienne. La première nouvelle, cependant, fait preuve d’inventivité en juxtaposant des paragraphes où se succèdent des personnages dont on ne devine que peu à peu les liens. Puis l’auteur s’immisce dans la narration de « Moment musical » pour confier qu’il a cessé d’écrire pendant une semaine tant ses souvenirs le troublent. Ces fantaisies bousculent un texte qui sans elles serait très classique. Si l’œuvre mérite d’être lue, c’est surtout pour la très grande justesse avec laquelle Kenaz évoque la jeunesse. Lorsque l’enfant partage sa nuit d’insomnie avec le ver à bois qui ronge les meubles de sa chambre ou qu’il admire un élève plus doué que lui pour le violon (« J’éprouvai une envie folle d’être lui et pas moi »), nous retrouvons des émotions que nous avons vécues et que la littérature élucide.

Moment musical
Yehoshua Kenaz

Traduit de l’hébreu
par Rosie Pinhas-Delpuech
Actes Sud
202 pages, 100 FF

Une enfance israélienne Par Isabelle Dupré
Le Matricule des Anges n°15 , février 1996.
LMDA PDF n°15
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