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Dossier Antoine Volodine
Antoine Volodine : la parole des insurgés ad vitam aeternam

juillet 1997 | Le Matricule des Anges n°20 | par Philippe Savary

Depuis une douzaine d’années et neuf livres, Antoine Volodine construit un univers romanesque inclassable mais parfaitement habité. Le rêve et le chaos vivent en douloureuse harmonie. Ses fictions, mises en scène par des utopistes vaincus, décrivent la faillite éternelle de notre imaginaire politique.

Inlassablement, dès la première page, une atmosphère de désastre, de décombres : des vents de poussière, des relents de serpillières, des odeurs de sueur, de cendre, de soufre, de scalp, le fracas qui cogne, quelque chose qui chuinte. Inlassablement, la peur, la douleur qui se répandent, qui se partagent sous une chape de plomb. Inlassablement : des décors d’exil extrêmes et baroques, soit nommés (Lisbonne, l’Amazonie, Macau…), soit imaginaires ; un monde luxuriant et terrifiant traversé par une armée de personnages, des médecins, des enquêteurs, des terroristes, des policiers, des vaincus. Inlassablement des narrateurs -dont l’état naturel est qu’ils sont morts- en situation d’incarcération, sans cesse obligés de construire un réel imaginaire -tout aussi apocalyptique- pour échapper à leurs inquisiteurs et à leur interrogatoire. On pourrait aussi ajouter dans ce branle-bas d’autres choses, comme la présence d’une ménagerie, la paralysie de la durée et de l’espace, des voix hétéronymes, beaucoup de fraternité amoureuse. Inlassablement, depuis 1985, Antoine Volodine fabrique un univers romanesque très singulier dans le paysage de la littérature française. Un univers complexe, inventif, poétique empli de trouées et de creux. L’écrivain brusque le lecteur, le malmène dans des sociétés nébuleuses, à des époques irreconnaissables. Ses matériaux de construction (ou de déconstruction), il les puise dans l’onirisme, la psychiatrie, la politique, autant dire des matériaux qu’il ne va pas chercher dans les jardins d’agrément de ses collègues contemporains.
Son premier roman Biographie comparée de Jorian Murgrave (1985) débute ainsi : « Le livre traînait dans les déjections et le sang ». Son nouveau texte, Nuit blanche en Balkhyrie (1997) se termine par : « Enfin il fera noir. » Entre ses deux dates, sept autres romans ont été publiés. On pourrait parler de la fin d’un cycle : qui y a-t-il d’autres à nommer derrière l’obscurité ? Le livre de Volodine, celui qui « traînait dans les déjections et le sang », et qui restait à écrire, on peut l’imaginer être celui de toute une génération, humbles résistants qui se sont retrouvés au coeur de l’histoire, combattant les totalitarismes, rêvant tout haut d’espoirs généreux avant la débâcle, « le regard obscurci par la poudre, l’âme déformée par les combats. » Volodine va s’attacher à noicir ce livre, en mettant en scène ses narrateurs, ses « complices ». Le « héros » volodinien a des caractéristiques communes : il est traqué, souvent torturé, il est sommé d’avouer sa véritable identité -et en même temps son lourd passé. Le nom devient un enjeu essentiel : bafouillé, oublié, dédoublé, c’est le seul lien (social, politique, culturel) qui le rattache à sa mémoire et en même temps à sa perte. Qu’il vienne d’une autre planète (Biographie…), qu’il soit terroriste ( Lisbonne, dernière marge), utopiste (Le Nom des singes), dissident politique (Le Port intérieur), éternel combattant (Nuit blanche en Balkhyrie),...

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