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Dossier Jean-Patrick Manchette
Chasseur français

juillet 2008 | Le Matricule des Anges n°95 | par Gilles Magniont

Armé de divertissements profonds et entêtants, Manchette prenait en ligne de mire une société misérable. Aujourd’hui que le volume des publications posthumes ne cesse de croître, la piste du romancier semble plus fraîche que jamais.

Et parfois il arrive ceci : c’est l’hiver et il fait nuit ; arrivant directement de l’Arctique, un vent glacé s’est engouffré dans la mer d’Irlande, a balayé Liverpool, filé à travers la plaine du Cheshire où les chats couchent les oreilles en l’entendant hurler et passer ; ce vent glacé a traversé l’Angleterre et franchi le Pas-de-Calais, il a survolé des plaines grises et vient frapper directement les vitres du petit logement de Martin Terrier, mais ces vitres ne vibrent pas et ce vent est sans force. Ces nuits-là, Martin Terrier dort en silence. Dans son sommeil il vient de prendre la position du tireur couché. »
C’est étrangement beau : le rythme hésite entre harmonie et rupture, le flou ou la confusion temporelle s’accompagne de visions curieuses et précises, le fil prosaïque du récit semble relié à une mystérieuse source de sens. Ainsi s’achève La Position du tireur couché : Jean-Patrick Manchette est alors un auteur très reconnu. En une décennie, il aurait révolutionné et ennobli le polar français ; il a d’ailleurs commencé d’écrire des chroniques pour la presse, où il fait la théorie du genre ; ailleurs, il disserte sur le cinéma ; on redoute ses critiques, et ses rares éloges lancent parfois un auteur : les Éditions de Minuit vont bientôt utiliser une de ses lettres à Jean Echenoz pour faire la réclame de Cherokee. On l’écoute donc bien au-delà de la Série noire, sans compter que les réalisateurs font appel à ses services de dialoguiste et scénariste. Seulement voilà, le paragraphe ci-dessus constituera longtemps l’ultime manifestation de son talent romanesque. Lorsqu’il meurt en juin 1995 d’un cancer du poumon, aucun livre, hors ceux qu’il traduit, n’a paru sous son nom depuis 1981 et l’engourdissement de Martin Terrier. Manchette, figure modernissime de la raréfaction ? Pourquoi pas maintenant renverser la perspective, et s’amuser à creuser l’hypothèse balzacienne : après sa disparition, un roman inachevé est paru, des recueils d’articles et de fictions, aujourd’hui un Journal, bientôt peut-être une correspondance… Somme toute un océan de papier, qui laisse le nouveau loisir d’interroger les œuvres qu’il a écrites, et celles qu’il allait.
En 1971 et 1972, paraissent à la Série noire Laissez bronzer les cadavres ! (écrit en collaboration avec Jean-Pierre Bastid) puis surtout L’Affaire N’Gustro, Ô dingos, ô châteaux ! et Nada. On ignore généralement que l’auteur, qui n’a pas 30 ans, est déjà un mercenaire accompli : collaborant à des courts métrages pour la télévision scolaire aussi bien qu’au feuilleton des Globe-Trotters, écrivant des romans pour adolescents chez « Aventure Pocket » comme de la prose cochonne pour Régine Deforges. Car Manchette veut absolument vivre de sa machine à écrire, ce qu’il fait jusqu’ici péniblement, dans un trois pièces à Clamart, entre sa compagne et son jeune fils, les vivres depuis longtemps coupés par des parents qui ne se remettent pas d’avoir vu ce brillant élève d’Henri-IV abandonner...

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