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Événement & Grand Fonds Divorce d’un absent

janvier 1999 | Le Matricule des Anges n°25 | par Christophe Fourvel

Publié en Suède en 1981 Divorce, du Suédois Torgny Lindgren, posait les jalons de l’œuvre à venir. Sortie en poche d’un autre roman : La Lumière.

Folke regarde à la télévision les catastrophes s’abattre sur la planète jusqu’à oublier celles qui menacent sa propre vie. Il est abonné à plusieurs journaux, obéit à toutes sortes de rituels. Nul ne sait vraiment ce que pense Folke. Les drames existentiels relèvent d’un doute sur la nature du désir et donc sur la nature de son mal, de son bien. Tout au plus est-on capable de circonscrire sa pensée dans un champ plus vaste. C’est un exercice que pratiquent parfois les gens de son entourage. Barbro, la conseillère conjugale que consultent Folke et sa femme Viveka ; Sandor, pasteur et amant discret de Viveka ; Léonora, la maîtresse négligée de Folke ou encore le propre fils du couple, Niklas, qui semble porter sans rancune les bouts de vie coupants de ses parents. Faire de Divorce l’histoire de Folke est un peu tricher avec l’angle de vue sous lequel se donne à lire le roman. Il s’agit a priori de l’histoire d’un couple usé, à bout de routine, la cinquantaine venue. L’homme pourtant occupe une plus grande place, simplement déjà à cause de son prénom : Folke, qui vient d’un terme désignant en suédois les gens, le peuple, Monsieur tout le monde donc. Celui qui regarde et lit les journaux. Qui s’identifie à une gloire nationale au point de confondre son propre destin au sien. En effet, Folke emprunte peut-être plus de citations à l’écrivain Verner von Heidenstam (prix Nobel de littérature en 1916) qu’il ne crée de propres phrases. Mais cette passion vouée au poète échoue à donner un sens à sa vie. Folke fait partie de ces êtres qu’aucune lumière ne vient éclairer de l’intérieur. Il se perd dans un néant, reste immobile des journées entières, dort avec son chien, oublie d’allumer sa pipe. Il aurait pu prétendre avec un peu plus d’ambitions du côté de ses handicaps, à être un personnage de Beckett, tant comme Murphy ou le narrateur de Premier Amour par exemple, il a le talent du rien, l’art de se fondre dans le vide, de ne jamais attendre. Lorsque sa femme quitte la maison pendant huit jours, il ne s’en rend pas compte, persuadé qu’un hasard malencontreux fait qu’ils ne passent pas dans les mêmes pièces de l’appartement au même moment. Il puise tout dans l’absence : un remède à ses peurs, ses bonheurs, ses charmes, ses armes. Nous comprenons rapidement que rien ne peut se passer. Sur ce constat, Torgny Lindgren s’amuse un moment à plaquer des mouvements plus électriques, des élans qui apparaîtront vite comme artificiels ; il fouille quelques plis de l’histoire, les petits égarements où l’âme aime à se trimballer, quand elle se lasse du noir. Le plus étonnant est la série d’entretiens chez la conseillère conjugale, pendant laquelle tout paraît « bidon ». Folke et Viveka placés devant la nécessité de mettre à nu leur déchirure, se livrent à un numéro de duettiste qui révèle une complicité profonde. Ce couple au bord du gouffre est uni dans la facétie et le mensonge ; dans la parodie d’eux-mêmes, dans la négation de leur mal.
Pourtant, malgré...

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