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Événement & Grand Fonds La littérature excédée

octobre 1999 | Le Matricule des Anges n°28 | par Thierry Guichard

Le succès médiatique rencontré par L’Inceste ne devrait pas faire oublier que Christine Angot est un écrivain. Son livre est là pour le rappeler, comme toute l’œuvre bâtie pour faire reculer nos propres limites.

Il est étonnant tout autant que peu surprenant que le sixième roman de Christine Angot soit devenu l’événement de cette rentrée littéraire. Étonnant car ses livres ne se donnent pas facilement au lecteur. Il faut reconstruire les séquences, combler les vides, avaler des répétitions incessantes, comprendre le sens de la ponctuation, glisser sur les emprunts faits à d’autres. Mais ce succès médiatique est peu surprenant quand on sait que l’auteur d’Interview travaille sur la frontière très fine qui sépare la réalité de la fiction, ou plutôt la réalité de la littérature. Ça sonne vrai et pour une bonne partie des médias qui s’est emparée de cette jeune figure des lettres, c’est pain béni : on ne parlera pas de roman mais de témoignage sans fard, où elle dit tout, où les autres (et vous) sont habillés pour l’hiver. On ne parlera pas de l’écrivain mais de la femme… Christine Angot le sait : « ce livre va être pris comme une merde de témoignage » (p.197). Elle prend donc le soin de glisser plus d’un ver dans son fruit.
Constitué de deux parties peu distinctes, L’Inceste a de quoi irriter, surtout dans ses cent premières pages. Christine Angot narre la crise amoureuse qu’elle vit avec une autre femme, Marie-Christine. Elle lui téléphone cent fois, elle joue une comédie qu’on croyait réservée aux jeunes lycéennes, elle se regarde pleurer, elle nous dit qu’elle pleure, là, justement en écrivant, elle mélange tout, elle malaxe tout et elle va trop vite. C’est bien ficelé, habile, provoquant (dans le rapport clinique des scènes sexuelles, dans l’amalgame fait avec tout et notamment les camps de concentration). Mais bon. On s’en fout un peu de cette relation qui n’en finit pas de finir. Et même, c’est un peu pauvre, côté imaginaire, les rêves qu’elles font à deux : une grande maison, la plage, le bonheur. Ça fait un peu chabada bada et on verrait bien Lelouch se coller derrière sa caméra pour nous tourner Une femme et une femme sur les plages de l’île de Ré (le chien est tout trouvé, c’est celui de la femme aimée).
Mais la langue va vite. Deux trois mots, un point, deux trois mots un point. Ça file et ma foi, on file avec jusqu’à la page 101. Là, changement de ton, changement d’écriture : le livre prend le temps de tracer des têtes de chapitre ; Christine Angot nous parle un peu plus à nous, même si c’est pour nous dire : « Je vous déteste. Je vous hais. Je voudrais ne pas savoir ce que vous pensez. Je sais ce que vous pensez. Toujours la même chose et tous pareils. Des veaux et je vous déteste. » Surtout elle se parle beaucoup à elle-même, façon méthode Coué : « Il ne faut pas que je mélange cette fois. (…) Faut se calmer, essayer d’être ce qu’on est c’est-à-dire pas grand-chose (…) Et puis je vais essayer d’être polie. » Commence alors une dissection du sujet Angot. C’est dur, cruel et surtout ça périme notre lecture des cent premières pages. On croyait lire un roman (même si le mot n’apparaît pas en couverture) sur l’amour,...

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