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Événement & Grand Fonds L’enfance de l’art

avril 2026 | Le Matricule des Anges n°272 | par Guillaume Contré

Les éditions Christian Bourgois mettent les petits plats dans les grands en rassemblant sept romans de l’Argentin César Aira, dont l’œuvre extraordinaire d’invention et de drôlerie est un antidote à toutes les vulgarités.

Les Guérisons miraculeuses du docteur Aira et autres romans

C’est une des vertus de la littérature de César Aira, de son élégance exempte de toute matière grasse, qu’on peut l’ingérer en grandes quantités sans craindre les ballonnements. Ce que démontrera joyeusement cette belle brique de six cents pages réunissant sept de ses romans (dont cinq inédits en français). Sa prose aérienne n’a d’autres additifs que sa capacité imaginative et son sens virevoltant de la digression. Fantaisiste majeur en lutte contre la lourdeur, il enchaîne depuis près de cinquante ans les courts romans écrits au fil de la plume sur un rythme serein (deux ou trois pages par jour, pas plus), lesquels, à force de s’accumuler, ont fini par composer un corpus d’une centaine de titres qui fonctionne comme une galaxie autonome et très addictive : plus on le lit, plus en a envie de le lire, de suivre les embranchements surprenants de cette œuvre toujours en train de se faire, de se remettre en chantier, parfois d’un paragraphe à l’autre.
Son esthétique de « la fuite en avant » (la mutation perpétuelle d’un récit n’obéissant qu’à son propre caprice) est la conséquence d’un choix discrètement radical mais essentiel : celui de l’improvisation et de ses méandres contradictoires qui permettent d’obtenir de « belles asymétries ». Chaque phrase amène la suivante, sans repentir, car c’est le continuum qui compte plutôt que l’équilibre des éléments sur la balance. La fiction devient alors un art de la sortie de route, de la déviation, du changement de sujet ou de cap. Inutile de corriger, ce qui fait est fait, il n’y a plus qu’à avancer et la « vraisemblance » (concept central qui guide l’improvisation, afin qu’elle sorte de ses gonds sans jamais perdre les pédales) fera le reste, quitte à la pousser dans ses retranchements. Aira se délecte des explications capillotractées, des récapitulations bancales, des épisodes interrompus par une pirouette quand il veut passer à autre chose.
On pourrait lui appliquer ce qu’il dit d’un de ses personnages (un exercice d’autocritique parodique dont il est coutumier) : « il aimait raconter des histoires, mais il ne savait pas s’y prendre, il mélangeait les épisodes, laissait des effets sans causes et des causes sans effet, il sautait des passages importants, s’arrêtait brusquement au milieu ». Bref, il fait délibérément tout ce que le « bon » romancier est censé fuir comme la peste. Pour lui qui a « toujours été si sûr » de sa « vocation littéraire », celle-ci ne peut se réaliser que contre la littérature même, contre ses prétentions à la qualité et ses constructions bien huilées (comme si ces valeurs autoproclamées l’exonéraient de prendre le moindre risque, crime impardonnable pour Aira).

Avec César Aira, la péripétie est toujours double : celle des personnages, souvent échevelée, et celle de l’auteur en train d’inventer sans filet, sous nos yeux, son livre.

Cela ne l’empêche pas d’écrire des récits en apparence linéaires dans une prose d’une grande clarté. À ceci...

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