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Premiers romans L’amour vache

octobre 1999 | Le Matricule des Anges n°28 | par Philippe Savary

Apologie de la viande

Le sexe et la déchéance font souvent bon ménage en littérature, sanctifiés par la transgression. C’est ici presque le cas, dommage que l’immaturité de ce jeune auteur voile la franchise de son entreprise. Le narrateur d’Apologie de la viande est l’antihéros d’un amour perdu. Abandonné par sa petite copine, il dévide sa pelote de douleur avec le réalisme d’un condamné. Trois ans de solitude castratrice, de tentatives de suicide, d’impétueuses beuveries, de souvenirs obsédants. Trois ans durant lesquels il comble le vide du quotidien en fouillant avec avidité les profondeurs féminines et en démontrant avec force détails crus que la fonction première du garçon est d’éjaculer tandis que celle de la fille se limite à un trou. Ainsi présenté, le propos pourrait tomber rapidement dans la ridicule vulgarité (au pire, ça donne : « Tu seras ma bonde, moi le robinet de foutre, je t’emplirais jusqu’à ce qu’il te coule par les yeux »), s’il n’y avait cette force de trait, dure, implacable, sauvage à voir ce jeune révolté prétentieux pleurer sa bien-aimée. Hormis des considérations qui fleurent bon l’aigreur réactionnaire, ce flot de fiel débité en monologue s’écoule avec rage, comme si l’écriture avait cette mission d’expurger l’être. Dénué de caractères physiques ou psychologiques, le texte s’arc-boute autour de ce nœud de douleur, à la fois rejeté et revendiqué. Et dans cette furieuse oraison du souvenir, progressivement l’écriture du roman devient sujet principal, laissant l’imagination de l’auteur agir comme un cataplasme. La honte de l’épanchement, l’aspect décousu de la narration renvoient ainsi parfois l’image d’une touchante fragilité. Dommage que de cette apologie de la viande, trop de bas morceaux restent difficiles à digérer.

Apologie de la viande
Régis Clinquart
éditions du Rocher
318 pages, 110 FF

L’amour vache Par Philippe Savary
Le Matricule des Anges n°28 , octobre 1999.