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Entretiens Balkanisés de l’intérieur

mars 2000 | Le Matricule des Anges n°30 | par Dominique Aussenac

En dialoguant avec les morts, le poète Tristan Cabral dresse une géopoétique de l’oppression, tout en révélant une nouvelle identité. Entre révolte et confession….

La Messe en mort

Il est des êtres qui brûlent d’un feu intérieur et se transforment en torche humaine lorsqu’ils rencontrent injustice, oppression. Tristan Cabral, l’un d’entre eux, révolté à vie, intransigeant, n’en finit pas de déblayer les ruines des massacres passés et à venir. « À Vienne,/ dans une salle interdite au Musée du Prater/ il y a des murs entiers couverts par des yeux d’hommes,/ c’est là que Mengele préparait notre siècle !… »
Né en 1944, cet ancien pasteur, professeur de philosophie à Nîmes où il vit, a publié à ce jour une douzaine d’ouvrages. D’Ouvrez le feu (Plasma, 1975), en passant par Demain quand je serai petit (Plasma, 1979) dans lequel le magnifique poème Un corps pour Andreas évoque les péripéties qu’a rencontré le cadavre d’Andreas Baader pour être enterré en Allemagne, ou L’Enfant d’eau (Cahiers de l’Égaré, 1997) pour lequel il a reçu le Prix des Écrivains de la Méditerranée 1999, l’écriture expressionniste, fin de siècle de Cabral alterne rythmes de fleuve, à la résonance symphonique, engendrant boucles, volutes ou se condense en haïkus serrés. « Devenir des Chaos pour porter des étoiles !… » De révoltes en petites mystifications, Tristan Cabral s’est souvent caché derrière des noms d’emprunt, des identités détournées. Dans La Messe en Mort, recueil grave ourlé de noir, il dévoile son premier (peut-être son dernier ?) « je ». Celui unique et finalement commun à tout enfant né de la guerre.

J’aimerais revenir sur ce nom que vous vous êtes choisi, Tristan Cabral.
Je me suis habitué à habiter ce nom. Je me souviens l’avoir trouvé dans une espèce d’illumination, un jour, sur une route. Je cherchais un autre nom que le mien, enfin que celui qui n’est pas le mien, mon nom d’identité. Je portais le nom de quelqu’un que je détestais. Dans Tristan, il y a d’abord la sonorité de ce prénom magnifique dans toute sa tristesse, tout son mystère. C’est le nom d’un homme qui traverse la mort par amour, qui traverse la mer et puis qui meurt parce que la femme qu’il aime arrive trop tard. Cabral, c’est le nom de ce militant noir d’Angola torturé et supplicié par Mobutu : Amilcar Cabral. Plus curieusement, le nom de cet animal bizarre qu’est la chèvre, qu’on n’arrive jamais à attraper parce qu’elle monte toujours sur des endroits inaccessibles. Je crois qu’il y a tout ça.
Vous donnez l’impression d’être une sorte de transistor humain qui capte les pulsations de l’oppression, les souffrances de ce monde.
Le premier transistor, c’est Victor Hugo. Il disait : « Je suis l’écho sonore de mon temps. » Je n’ai jamais supporté l’injustice. Je me suis toujours senti solidaire du tordu, du petit, du mal foutu. J’étais courageux, mais pas costaud, souvent j’ai pris des branlées, des coups qui ne m’étaient pas destinés. Je n’ai jamais supporté la curée. J’ai suivi cet espèce de chemin de crête exigeant, hors des majorités, des chapelles, des familles de pensée. À une époque où il est convenu de converger, il y a un...

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