La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Le Timor revit

juillet 2000 | Le Matricule des Anges n°31 | par Anne Riera

Cette île au loin, « jetée au bout du monde et laissée à l’abandon », c’est le Timor oriental. Maltraitée par le Portugal, sa « mère patrie », violée par l’envahisseur indonésien, déchirée entre factions rivales, ses blessures laissent échapper ses forces vives, hommes et femmes échoués sur les rives du Tage. Représentant à Lisbonne de la résistance étudiante de 1975, Luis Cardoso est de ceux-là qui écrivent comme on quête, des éclats d’enfance, « des lieux sacrés, des mystères et des envoûtements ». Ses « propres entrailles ».
« J’avais peur de la ville de Dili qui avait grossi comme un boa après avoir avalé un buffle. » À Dili, les civilisations se télescopent, se superposent, s’accouplent. Autour de Cardoso adolescent on écoute du rock, on porte des pattes d’eph, on rêve à de blondes Australiennes, on apprend le catéchisme en tétun, l’hymne national en portugais et les chants sacrés en latin. Entre séminaire et savoir ancestral l’adolescent cherche sa voie, s’invente une langue et raconte, déjà : il puise dans la Bible « des histoires à faire pleurer et à culpabiliser nos ancêtres à cause du présent de leurs enfants. Des histoires encore vécues aujourd’hui ».
« Le fratricide pour destin et la reddition biblique à la fatalité, comme dans les histoires antiques », Timor est cette île au loin que Cardoso visite en rêve. Le lecteur français, nonobstant un lexique providentiel, ne possède pas toutes les clés de ses visions. Cardoso s’en moque, qui dissimule derrière une ironie parfois féroce une nostalgie irréparable, qui au détour de ses phrases convoque des mots magiques, inconnus et multicolores. Autant de fenêtres ouvertes sur un monde perdu. Restent la poésie, une mélodie, un pouls qui bat entre les lignes, des morceaux de phrases comme l’envol éblouissant de grands oiseaux silencieux.

Une île au loin
Luis Cardoso

Traduit du portugais (Timor oriental)
par Jacques Parsi
Métailié
150 pages, 85 FF

Le Timor revit Par Anne Riera
Le Matricule des Anges n°31 , juillet 2000.
LMDA PDF n°31
4.00 €