La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Dans de beaux draps

septembre 2000 | Le Matricule des Anges n°32 | par Nathalie Dalain

Drôle et pas mal déjanté le roman de David Baddiel montre qu’au lit on peut faire plein de choses : comme de se bidonner en le lisant.

David Baddiel est comédien et réalisateur de séries télévisées loufoques très populaires en Grande-Bretagne. Au lit ! connut un vif succès lors de sa sortie outre- Manche il y a quatre ans, avant d’être (brillamment) traduit et édité aux éditions Balland en 1999. Cette réédition permet donc de (re)découvrir cet ouvrage qui n’est pas sans rappeler les films de Woody Allen. Baddiel y manie référents médiatiques et littéraires, d’Aglaé et Sidonie en passant par Shakespeare ; parodiant Jane Austen aussi bien que les spots publicitaires. Au lit ! retrace les mésaventures de Gabriel Jacoby, acteur au chômage reconverti dans la chronique sportive caustique. Tout au long du roman, le jeune homme apostrophe le lecteur et lui confie ses tourments, qui sont aussi multiples que cataclysmiques. Sa « carte d’identité négative » dénote en effet nombre de signes particuliers bien encombrants. Taraudé par une insomnie maladive, le héros est aussi harcelé par le folklore hystérique de sa famille yiddish. Et principalement par sa mère, qui adore se mêler de la vie sentimentale de ses rejetons, et consacre sa propre existence à la mémoire du Hindenburg, ballon dirigeable construit par son géniteur avant que les nazis ne le réquisitionnent. Gabriel partage son appartement londonien avec Nick, laveur de carreaux très porté sur la bière et les blagues salaces, avant que la schizophrénie ne s’empare malencontreusement de son esprit et le rende insupportable. Car « tout le problème de la folie de Nick est là : c’est la folie d’un gros con. Dans notre culture, on est tellement persuadé qu’il existe un rapport intime entre folie et génie que rien ne nous prépare au délire vide de sens et plein de poncifs, à la folie anti-Maupassant. » Lorsqu’il n’est pas attaqué par Jézabel, sa chatte tendre comme un pitbull, ni envahi par les grenouilles dans son trois-pièces, Gabriel Jacoby élabore des machinations fantasmatiques pour arriver au seul but qui l’obnubile : Alice, sa belle-sœur. L’amour qu’il nourrit pour elle en secret tient de la monomanie depuis le jour lointain où son frère la lui a présentée. L’arrivée inopportune de Dina, la cadette de celle-ci, revenue des États-Unis après y avoir vécu avec « un tueur psychopathe », va lui permettre de s’appliquer à une thérapie des plus particulières. Mais séduire Dina n’est pas chose aisée, surtout lorsqu’au premier rendez-vous un batracien surgit de son tandori, et que Nick, en proie à une crise de paranoïa, se réfugie dans la poubelle mettant malgré lui en scène « une version nudiste à la mord-moi-le-nœud de Fin de Partie dans(le) jardin. » Plus difficile encore pour Gabriel de réussir à oublier Alice dans les bras de sa sœur, surtout sans se trahir. Dans cette galerie de portraits fleurant la Monty Pythonerie, on rencontre une kyrielle de personnages secondaires fort réussis. Figures emblématiques de l’humour yiddish, vieillardes originales plongées dans un ouvrage d’épigrammes intitulé Rommel ? Qui lui a fait sa fête ?, tout en avouant que « vieillir entraîne un tas de trucs vraiment moche (…) Ton corps fiche le camp, ta vivacité s’amenuise (…) Mais le pire de tout, je crois, c’est qu’il faut que tu passes ton temps avec des vieux. » Parfois doux-amer, Au lit ! est un roman qui laisse transparaître beaucoup de sensibilité derrière un récit drôle et trépidant. Entre Anna et ses sœurs et Mr Bean.

Au lit !
David Baddiel

Traduit de l’anglais
par Antoine Cazé
10/18
383 pages, 50 FF

Dans de beaux draps Par Nathalie Dalain
Le Matricule des Anges n°32 , septembre 2000.
LMDA PDF n°32
4.00 €