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Dossier Michel Surya
La connaissance par l’abject

septembre 2001 | Le Matricule des Anges n°36 | par Thierry Guichard

Écrits tous les deux en 1982, Exit et Les Noyés peuvent se lire comme les deux mouvements d’une même pièce pornographique, allegro d’abord, andante finalement. L’allegro est la furie amoureuse de deux corps lâchés à leur passion, l’andante, une douceur noire, celle avec laquelle « on porte quelqu’un en terre. »
Exit dit à la première personne une scène d’amour sous un porche au coeur d’une « nuit étonnamment bonne comme une eau tiède d’été » (on verra que cela va changer). Le texte épouse le rythme de ce que les corps jouent et déjouent, violence du désir, lutte frénétique, soif et fièvre. Pas de ponctuation, mais encore une conscience de soi, de son corps dans l’espace, une maîtrise (cela aussi changera) bien que le fait de pouvoir être surpris par des passants « porte insensiblement à l’excès ». Un excès qui conduit à dire oui à l’autre, à en accepter tous les désirs. C’est aussi dire oui à soi-même : « elle lèche à ma bouche son goût acide résineux se suce en m’embrassant » après que de son vagin a coulé « un léger déduit d’eaux mêlées sienne mienne ». La nuit, imperceptiblement, change et devient « longue lente étale comme une eau morte », alors la femme s’ouvre un peu plus « m’offre effrayant admirable dégagé (…) son huis noir dans l’inaccessible acide touffeur des poils »« il suffirait que j’y applique l’oeil pour découvrir l’aube ou les limbes du corps ». On pense à l’oeil de l’ecclésiastique sévillan énucléé dans Histoire de l’oeil de Bataille. Nul sentiment, nulle psychologie mais une tension désespérée vers l’épuisement des corps conduit au sentiment que c’est à un combat que nous assistons. Combat contre la nuit, la mort, contre soi tout aussi bien -et l’on pense aux peintures de Bacon où l’amour est cannibale. Le corps de la femme semble un temple que l’homme profane et viole avec d’autant plus de hargne qu’elle y trouve sa transcendance.
Si Les Noyés ne faisait pas suite à Exit, la réédition des deux livres en un seul ajoute un élément aux deux récits : le temps. Et l’on jugera combien ce qui devait changer a effectivement changé. Toujours écrit sans ponctuation, le récit poursuit donc, à l’intérieur d’une chambre, le rapport amoureux, physique et sexuel de deux êtres, mais on passe du « elle » au « tu ». Ce seul passage, comme le remarque Bernard Noël dans sa préface, indique bien que les deux êtres d’Exit sont arrivés à une extrémité de leurs relations lorsque débute (et finit : le texte est très court) Les Noyés.
Placé sous la marque de l’abject (vomis, haine, mépris), le texte sape tout ce qui pouvait rester des oripeaux de l’amour. Sans pour autant que ce qui nous est raconté soit autre chose que de l’amour. Simplement une frontière semble avoir été franchie, les limites ont été dépassées et la nudité ne s’est pas contentée des deux corps. L’exténuation du rapport sexuel, ce ressassement cauchemardesque des nuits sans aube, offre la vision désenchantée, sans charme trompeur, de l’autre : « je pleurais...

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