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Jeunesse Oster youpla boum !

novembre 2002 | Le Matricule des Anges n°41 | par Alice Lhom

Quand le prix Médicis 99 écrit pour la jeunesse, ça va vite dans le farfelu joyeux et sacrément ouf… Avec l’impression parfois que c’est du Devos pour les enfants que l’on lit.

Le Voleur de châteaux

Illustration(s) de Alan Mets
Editions École des Loisirs

Si l’on décidait de lire à un enfant les contes revisités par Christian Oster, il conviendrait d’employer le ton le plus sérieux du monde. Raconter ces histoires de princes, géants et sorcières comme si tout ce qu’elles ont d’abracadabrant faisait partie du quotidien le plus banal. Et, après tout, depuis Lewis Carroll et les écrivains du « nonsense », rien n’est vraiment étonnant. Les géants, voleurs de châteaux, sont légion dans nos contrées puisqu’on en trouve autant que de « girafes domestiques dans les pavillons de banlieue ». Le géant dont il est question dans le plus court des deux ouvrages qui paraissent est un bon géant. Il est capable de tomber amoureux d’une princesse tout en se rappelant que sa taille ne lui permet pas de vivre cet amour et qu’il vaut mieux le laisser au prince charmant. Christian Oster semble écrire au fil de l’inspiration, rapidement, prenant les chemins de traverse que la phrase lui indique au détour d’un jeu de mots. Ça va vite, c’est drôle dans l’utilisation farfelue de tous les ingrédients du genre que l’écrivain détourne sans remords au fil d’une humeur joyeuse.
La Princesse enrhumée développe ce même registre sur quatre contes fantaisistes aux qualités inégales. Les deux premiers semblent plus inspirés dans leur inventivité que les deux autres.
On voit d’abord une princesse tellement enrhumée que chaque éternuement qui l’agite fait l’effet d’un tremblement de terre. Un prince, à la recherche, justement, d’une princesse parcourt la campagne. « Or il est bien connu que dans la campagne on ne rencontre aucune princesse. Paysan, peut-être, loup à la rigueur. Mais de princesse, jamais. » Il est vrai que notre prince n’est pas très doué : il prend les éternuements de la princesse pour des rugissements de géant, se précipite au château pour occire ce qu’il pense être un monstre. Son épée s’enfoncera jusqu’au cœur de la belle. Oui, oui, on sait ce que les épées symbolisent dans les contes pour enfants, et que celle-ci s’enfonce si loin n’augure rien de bon. Surtout que le prince, conscient de son crime, va se réfugier dans l’alcool. La fin heureuse sera toutefois respectée, puisqu’on est dans un conte de fées.
« Le Bûcheron scié » est le conte le plus réussi. C’est-à-dire le plus déjanté. On y voit le neveu du roi tomber en panne de voiture dans une forêt « vraiment nulle » où il n’y a ni garage, ni fée, ni géant. Juste un lapin, un loup, un bûcheron coupé en deux et une sorcière pas très douée. Pour le lapin, ça tombe bien, puisqu’à l’école, le neveu, « entre le lapin et le grec, comme deuxième langue, (…) avait choisi le lapin parce que c’était une langue vivante. » Quant au lapin, lui, a appris l’homme « avec option chasseur ». Ensemble, ils vont essayer de réparer la voiture et sauver la princesse prisonnière du lutin glabre. Oster prend le lecteur dans les pièges de la langue qu’il prend, elle, au mot. Ainsi plongeant sous l’eau pour trouver le château du lutin que croyez-vous que nos héros découvrent ? Simplement que sous l’eau, il n’y a pas d’eau puisque « S’il y a quelque chose sous l’eau, en vérité, on ne voit pas pourquoi ça devrait être de l’eau. Ou alors, si c’en est, il ne devrait pas y en avoir au-dessus. » C’est parfois du Devos pour les enfants que l’on lit… Mais une question demeure : qu’y a-t-il sous ces histoires ? Rien ou au contraire, d’autres histoires ?

Christian Oster
Le Voleur de chÂteaux
et La Princesse enrhumée
L’École des loisirs
46 et 126 pages, 6,50 et 8,50

Oster youpla boum ! Par Alice Lhom
Le Matricule des Anges n°41 , novembre 2002.