La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Le mâle du siècle

novembre 2002 | Le Matricule des Anges n°41 | par Benoît Broyart

Chambre avec gisant

La position horizontale, celle du mort et du malade, on ne la choisit pas. Un père de famille l’adopte un jour pourtant. Il s’étend sur son lit et décide de ne plus se relever. À mesure que les jours passent, l’homme couché s’enfonce en lui-même et ne fait bientôt plus la différence entre les vivants et les spectres. Sa mémoire affleure progressivement, l’explore et le retourne, car la mémoire est forcément implacable. « Le sang est un fluide recyclable. La mémoire, elle, niche, s’accroche. Elle ne peut se purger, se filtrer. Pas de dialyse pour l’esprit. Elle plonge ses racines dans les os, prend sa source en amont des irrigations, tourbillonne en permanence dans les chairs. »
Le deuxième roman d’Éric Pessan (après L’Effacement du monde, La Différence, 2001) porte en lui une teinte presque médiévale car une part d’irrationnel y envahit arbitrairement la réalité. La situation de cet homme contient en effet quelque chose d’inouïe. Mais la question posée ici est inscrite dans notre temps : que se passerait-il si nous refusions d’avancer, de marcher, de construire ? La chambre du gisant devient le lieu du doute, de la colère, de la confession même pour les proches confrontés au silence du chef de famille.
On se demande d’abord comment le romancier parviendra à tenir la distance, on craint un moment d’ailleurs que la structure du texte soit trop systématique -les proches se succèdent en effet au chevet du malade et chaque visite ou presque forme chapitre. Mais Chambre avec gisant se révèle un texte habité et original car Éric Pessan aborde le refus du quotidien sous l’angle radical de l’horizontalité. On pourrait aller jusqu’à dire de ce texte qu’il est profond, à l’image de la mémoire qui hante l’homme couché.

Chambre avec gisant
Éric Pessan
La Différence
208 pages, 15

Le mâle du siècle Par Benoît Broyart
Le Matricule des Anges n°41 , novembre 2002.
LMDA PDF n°41 - 4.00 €