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Événement & Grand Fonds Le palais des glaces

janvier 2003 | Le Matricule des Anges n°42 | par Pascal Paillardet

Barde fantasque, l’Irlandais Flann O’Brien (1911-1966) propose avec Swim-Two-Birds, récit à la prose disloquée, une exploration satirique des mythes irlandais. Le livre d’un illusionniste exceptionnel.

Au trompe-l’œil et à ses parfaits mensonges, Swim-Two-Birds emprunte l’art de la mystification qui abuse le regard -ou la lecture. De ces palais de glaces qui confrontent le marcheur à la paroi de ses reflets, ce livre possède l’habilité à fausser les perspectives, à parfaire l’illusion jusqu’au mensonge, et à assurer finalement le primat de l’artifice. « Le roman est un plat individuel, qui se déguste en privé, note l’écrivain Flann O’Brien. Le roman, aux mains d’un auteur sans scrupule, peut devenir despotique ». Rouerie littéraire, farce surréaliste, Swim-Two-Birds -édité dans une autre traduction en 1965 par Gallimard sous le titre La Kermesse irlandaise- est l’œuvre d’un architecte déraisonnable, partisan des miroirs déformants et des escaliers camouflés. D’emblée, au seuil de l’exploration de son exceptionnelle construction littéraire, l’auteur de ce vertigineux labyrinthe s’assure de la qualité de sa chausse-trape en déconcertant le lecteur : « Qu’un livre dût avoir un seul début et une seule fin, voilà contre quoi je m’insurgeais. Un bon livre peut avoir trois incipit en tous points dissemblables, reliés entre eux dans la seule prescience de leur auteur, et du reste plus de cent fins différentes ». La visite passionnée de ses appartements, découverts tout au long d’une lecture aventureuse et étourdissante, comme soumise aux seules hallucinations du maître de maison, confirme cette perception d’une littérature pleine d’embuscades et de mutineries.
Une littérature qui s’élève contre la linéarité du récit -au profit d’un exposé fragmenté, disloqué, mais toujours mélodieux- et s’oppose à la soumission des personnages à leur géniteur. Issus de la culture irlandaise, contemporaine ou traditionnelle, le lutin Mac Phellimey, membre de la classe des diablotins, l’écrivain Dermot Trellis, les individus respectables John Furriskey et Paul Shanahan, ou encore le robuste héros populaire Finn Mac Cool (figure de l’Irlande ancienne aux cuisses épaisses comme des panses de cheval) se libèrent de l’assujettissement. Ils s’émancipent des contraintes de leurs attributions romanesques pour se venger physiquement de leur démiurge, Dermot Trellis… lui-même créé par le narrateur du livre, un étudiant de Dublin qui se « satisfait d’une existence contemplative » vécue entre sa chambre à coucher et les pubs…
D’abord dociles, obéissant même en rechignant aux exigences du livre et aux sommations du romancier, les personnages ne tardent guère à prôner la rébellion artistique. Transformant l’ouvrage en un formidable puzzle narratif, ils conçoivent les chapitres comme autant d’énigmes à résoudre. Quel serait par exemple la nature du chaos qui se produirait tous les écrivains se laissaient aller à séduire leurs personnages féminins et engendraient, par ce biais, une descendance quasi irréelle ? Quelle sorte de romancier, afin de susciter la confiance de ses lecteurs dans les caractères profondément dissemblables de ses personnages, oserait élaborer...

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